La présidente bulgare sortante Iliana Iotova a remporté le second tour de l’élection présidentielle avec environ 52 % des voix, devançant nettement son rival pro-occidental Andreï Guiourov. Sa victoire conforte une orientation favorable à la négociation avec la Russie, dans un pays membre de l’OTAN et de l’UE.
Les premières estimations publiées dimanche soir donnent Iliana Iotova largement victorieuse au second tour de la présidentielle bulgare, avec près de 52 % des suffrages exprimés. Son adversaire, l’ancien Premier ministre par intérim Andreï Guiourov, soutenu par des formations réformistes pro-occidentales, recueillerait quant à lui environ 45 % des voix. La participation a été particulièrement faible, à seulement 29 %.
Âgée de 62 ans, Iliana Iotova avait pris ses fonctions en janvier dernier, après la démission de Roumen Radev, Premier ministre et figure du parti de centre gauche Progressive Bulgaria, qui avait choisi de se présenter au Parlement. Ce scrutin constituait le premier vrai test électoral pour ce parti, souvent perçu comme favorable à Moscou. La présidente réélue devrait rester fidèle à la ligne de son mentor politique : maintenir la Bulgarie dans la trajectoire européenne tout en plaidant pour un assouplissement des sanctions contre la Russie et une amélioration des relations avec Moscou.
La guerre en Ukraine a pesé lourd dans les choix des électeurs bulgares. Tout au long de la campagne, Iliana Iotova a défendu une sortie du conflit par la voie diplomatique, se présentant comme une « présidente de la paix » et appelant à des négociations directes avec Moscou. Andreï Guiourov avait adopté la position inverse, plaidant pour un soutien accru à Kiev et un alignement plus ferme sur les partenaires occidentaux de la Bulgarie.
Le contexte géopolitique régional a rendu ce débat particulièrement sensible. Ces dernières semaines, des attaques de drones contre des navires marchands se sont multipliées en mer Noire, y compris dans la zone économique exclusive bulgare et dans celle de la Roumanie voisine, rappelant la proximité du pays avec le théâtre des opérations.
La fonction présidentielle bulgare reste avant tout honorifique : le chef de l’État ne détient pas de pouvoir exécutif, les grandes orientations politiques relevant du Parlement. Toutefois, élu au suffrage direct pour un mandat de cinq ans, le président dispose d’une autorité symbolique et politique réelle. Il commande les forces armées, peut opposer son veto aux lois, signe les traités internationaux et nomme les ambassadeurs. Iliana Iotova ne pourra pas briguer de troisième mandat, la Constitution bulgare limitant l’exercice de la fonction à deux mandats consécutifs.









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