Au lendemain de la défaite des républicains aux élections de mi-mandat aux États-Unis, Christopher Ruddy, fondateur et PDG du groupe médiatique américain Newsmax, a publié jeudi une tribune sur Donald Trump. Dans ce texte intitulé « Trump Is a Winner and Right on Iran » (« Trump est un gagnant et il a raison sur l’Iran »), le dirigeant défend la politique étrangère du président américain, justifie son offensive militaire contre le programme nucléaire iranien et conteste les critiques formulées au sein même de l’administration. Pour lui, le revers électoral des républicains ne remet aucunement en cause le leadership de Donald Trump.
« Trump a fait preuve d’un véritable leadership »
Christopher Ruddy ne cherche pas à minimiser les résultats des élections de mardi. Il reconnaît que la défaite républicaine a été particulièrement sévère, tout en rappelant qu’il avait anticipé un tel scénario. Mais il refuse d’en attribuer la responsabilité à la décision de Donald Trump de frapper l’Iran.
Le patron de Newsmax considère au contraire que le président américain a pris une décision historique en choisissant de s’attaquer aux ambitions nucléaires de Téhéran. « Donald Trump a fait preuve d’un véritable leadership à l’un des moments les plus décisifs de l’histoire américaine », écrit-il, avant de qualifier son choix de « courageux, nécessaire » et d’affirmer que l’histoire lui donnera raison.
Ruddy rappelle notamment les déclarations du président américain, qui a réaffirmé mercredi sa détermination à empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire : « Si je devais le refaire, je devrais le refaire, parce qu’à long terme, c’est la seule réponse. On ne peut pas laisser l’Iran posséder une arme nucléaire. »
L’Iran, une menace que Washington ne pouvait plus ignorer selon Ruddy
Dans sa tribune, Christopher Ruddy revient sur les frappes militaires engagées le 28 février contre l’Iran. Il souligne que l’Agence internationale de l’énergie atomique avait exprimé de graves préoccupations concernant les stocks d’uranium enrichi du régime iranien et les restrictions imposées à ses inspections.
Selon lui, les capacités nucléaires de Téhéran avaient atteint un niveau suffisamment préoccupant pour justifier une intervention militaire. Il estime que l’Iran se rapprochait dangereusement du seuil nécessaire à la fabrication d’une arme nucléaire, même si cette appréciation ne constitue pas une confirmation que le pays disposait effectivement d’une bombe.
Christopher Ruddy pose alors la question de la confiance que les États-Unis pourraient accorder à un régime dont les dirigeants ont régulièrement menacé Israël et dénoncé l’Amérique comme le « Grand Satan ». Il rejette également l’idée selon laquelle Washington aurait engagé cette confrontation uniquement pour défendre les intérêts israéliens.
Le dirigeant de Newsmax évoque les attentats du 11 septembre 2001 pour rappeler que les États-Unis constituent eux-mêmes une cible du terrorisme islamiste radical. Il précise que ces attaques avaient été commises par Al-Qaïda, et non par l’Iran, mais considère que la menace pour les Américains dépasse largement la seule question de la sécurité d’Israël.
« Nous sommes la grande cible. Je le répète : l’Amérique est la véritable cible », insiste-t-il.
Une réponse directe aux critiques de JD Vance
La tribune contient également une critique explicite du vice-président JD Vance. Celui-ci a évoqué des sondages suggérant que la guerre contre l’Iran et les inquiétudes concernant le respect des principes de l’« America First » avaient largement contribué à la défaite républicaine.
Christopher Ruddy conteste cette interprétation et demande à voir les études invoquées par le vice-président. « Quels sondages ? Il ne les a toujours pas communiqués », écrit-il, réclamant les données et les méthodes utilisées pour parvenir à cette conclusion.
Le patron de Newsmax affirme n’avoir consulté aucune enquête plaçant ces préoccupations au premier rang des priorités électorales. Il assure, au contraire, avoir vu plusieurs sondages montrant qu’une majorité d’Américains souhaitaient empêcher définitivement l’Iran de se doter de l’arme nucléaire et soutenaient la poursuite des opérations.
Il reconnaît néanmoins que la guerre a eu des conséquences économiques importantes, particulièrement sur les prix de l’essence. Selon lui, cette hausse a aggravé les difficultés de pouvoir d’achat des ménages américains et contribué au mécontentement électoral.
Ruddy distingue ainsi le rejet des conséquences économiques du conflit d’une opposition de principe à la politique de fermeté menée contre Téhéran.
Une défaite électorale qui ne condamne pas la présidence Trump
Christopher Ruddy refuse également de considérer la nouvelle configuration politique américaine comme une catastrophe pour la Maison-Blanche. Il rappelle que plusieurs présidents ont gouverné avec un Congrès contrôlé, au moins partiellement, par l’opposition.
Il cite notamment Bill Clinton, dont la coopération avec les républicains de Newt Gingrich avait permis d’adopter une réforme de l’aide sociale et de parvenir à des budgets fédéraux équilibrés. Il évoque également la seconde présidence de Barack Obama, durant laquelle les républicains avaient pris le contrôle des deux chambres du Congrès.
Le patron de Newsmax se dit convaincu que Donald Trump possède les qualités nécessaires pour négocier avec ses adversaires politiques. Il estime toutefois que certains démocrates nouvellement élus semblent davantage déterminés à enquêter sur le président et à le combattre qu’à rechercher des compromis législatifs.
Pour Ruddy, l’administration doit désormais améliorer sa communication et apporter des réponses concrètes aux préoccupations des électeurs, notamment sur l’immigration, les droits de douane et le coût de la vie. Il appelle à renforcer l’exécution des politiques présidentielles plutôt qu’à abandonner les orientations défendues par Donald Trump.
« Trump reste un gagnant » : Christopher Ruddy croit à un nouveau retour en force
Dans les dernières lignes de sa tribune, Christopher Ruddy réaffirme sa confiance dans la capacité du président américain à surmonter ce revers politique. Il rappelle que Donald Trump a déjà connu plusieurs défaites et qu’il a régulièrement réussi à revenir au premier plan.
« À mes yeux, Trump reste un gagnant », écrit-il, avant d’ajouter : « Il possède une remarquable histoire de retours en force, et je ne sous-estimerais pas sa capacité à réussir une nouvelle fois. »
Le dirigeant de Newsmax considère surtout que la décision de frapper l’Iran doit être jugée à l’aune de ses conséquences à long terme sur la sécurité des États-Unis, et non des seuls résultats électoraux.
Il estime que Washington devait choisir entre affronter immédiatement les ambitions nucléaires iraniennes ou risquer une confrontation future avec un régime disposant de l’arme atomique et de missiles à longue portée.
« Trump a compris ce choix. Voilà ce qu’est un véritable leadership. Et je crois que l’histoire le reconnaîtra et le jugera en conséquence », conclut Christopher Ruddy.
Cette tribune, publiée jeudi dans Newsmax, témoigne du soutien que Donald Trump conserve parmi certaines figures influentes des médias américains, malgré la défaite électorale des républicains et les divergences apparues au sein de son propre camp sur la guerre contre l’Iran.









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