Le PDG de Meta a négocié un accord inédit avec son groupe pour compenser les pertes que lui ferait subir une taxe californienne sur les grandes fortunes. En échange de son maintien dans l’État, il recevra davantage d’actions sur huit ans.
Mark Zuckerberg avait prévenu son conseil d’administration : si la Californie adoptait une taxe sur les milliardaires, il envisageait de quitter l’État et de vendre ses propriétés. Le message a été entendu. Meta a conclu avec son PDG un accord baptisé « Founder Alignment Agreement », qui lui garantit des actions supplémentaires de la société pendant huit ans, à condition qu’il conserve sa résidence principale en Californie.
La mesure fiscale visée est un projet soumis aux électeurs californiens en novembre. Elle prévoit un prélèvement unique de 5 % sur les patrimoines supérieurs à un milliard de dollars. Pour Zuckerberg, dont la fortune est estimée à plus de 200 milliards de dollars, la facture atteindrait environ 10 milliards de dollars.
Les négociations entre le fondateur de Facebook et un comité spécial du conseil d’administration ont été décrites dans un document financier publié mercredi comme « robustes » et « par moments conflictuelles ». L’accord prévoit qu’il recevra des actions plus fréquemment et pourra les céder chaque trimestre. Ces titres ne modifient pas son contrôle sur le groupe, mais lui permettent de monétiser plus aisément sa participation.
Pour justifier cet arrangement, Meta a invoqué l’importance stratégique de maintenir son dirigeant à la tête de l’entreprise depuis la Californie, dans un contexte de course mondiale à l’intelligence artificielle. Le groupe a rappelé les turbulences traversées lors de la pandémie de Covid-19, période durant laquelle Zuckerberg avait travaillé depuis son domaine à Hawaï, avant que s’enchaînent scandales, restructurations massives et suppressions de postes. L’effectif de Meta a reculé de 15 % en un an, soit au moins 10 000 emplois perdus.
L’entreprise a annoncé mercredi qu’elle prévoyait de consacrer jusqu’à 145 milliards de dollars cette année à ses projets d’intelligence artificielle. Des dépenses si élevées qu’elles ont conduit Meta à afficher, pour la première fois depuis son introduction en Bourse il y a quatorze ans, un flux de trésorerie négatif, ce qui signifie que le groupe dépense désormais plus qu’il ne génère. La directrice financière Susan Li a précisé que le fractionnement d’actions annoncé simultanément offrirait également à Meta de nouvelles marges de manœuvre pour financer ces investissements.
Les marchés ont réagi avec méfiance. L’action Meta a chuté de plus de 7 % jeudi, effaçant plus de 100 milliards de dollars de capitalisation boursière, faute de perspectives claires sur les revenus que ces dépenses massives pourraient générer. La Californie compte environ 225 milliardaires résidents, dont la plupart sont liés au secteur technologique.

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