Gavin Newsom, gouverneur démocrate de Californie, a annoncé la commutation de toutes les peines capitales de l’État en réclusion criminelle à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle. Une décision historique qui intervient à quelques mois de la fin de son mandat.
Gavin Newsom a signé jeudi la commutation des peines de 548 détenus condamnés à mort en Californie, les remplaçant par la réclusion criminelle à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle. Dans une lettre officielle, le gouverneur démocrate a justifié sa décision en affirmant que « l’exécution par l’État est incompatible avec les valeurs de la Californie, qu’elle fragilise les fondements de notre système juridique et nous diminue tous ».
La portée concrète de cette mesure reste toutefois limitée : la Californie n’a procédé à aucune exécution depuis 2006, et seulement treize détenus ont été mis à mort depuis le rétablissement de la peine capitale par référendum en 1978. Newsom lui-même avait déjà ordonné un moratoire sur les exécutions en 2019. Les experts estiment néanmoins que cette décision pourrait permettre à l’État d’économiser plusieurs millions de dollars par an en frais de procédure judiciaire.
Sur le plan procédural, la majorité des commutations devra encore recevoir l’aval de la Cour suprême de Californie, notamment pour les quelque 400 détenus condamnés pour plusieurs crimes graves, qui nécessitent l’approbation d’au moins quatre des sept juges de la juridiction.
Newsom, dont le mandat s’achève en janvier prochain, a reconnu que sa décision « blessera et mettra en colère » une partie des Californiens, tout en assumant pleinement sa responsabilité : « En tant que gouverneur, je suis seul responsable de cette décision et de ses conséquences, tout comme je serais seul responsable de chaque exécution. » Il a qualifié son geste d’« action juste », tout en admettant qu’elle « pèsera toujours lourdement » sur lui.
La décision intervient dans un contexte national marqué par une reprise des exécutions aux États-Unis. Le président Donald Trump, partisan de longue date de la peine de mort, a signé dès le premier jour de son second mandat, en 2025, un décret rétablissant les exécutions fédérales, après le moratoire observé sous la présidence Biden. Trois exécutions étaient programmées jeudi même, dans les États de l’Indiana, de Floride et d’Alabama.
L’organisation de défense des droits civiques ACLU a salué la décision du gouverneur californien. Son directeur exécutif, Anthony D. Romero, a estimé que ces commutations « reflètent ce que la justice exige : la fin d’une peine raciste, faillible et inhumaine qui a pesé trop longtemps sur la Californie ».
La Californie, qui possède historiquement le plus grand couloir de la mort des États-Unis, est désormais l’un des 23 États américains, auxquels s’ajoute le district de Washington, à avoir de facto aboli la peine capitale. Vingt-sept États maintiennent encore cette sanction dans leur arsenal pénal.
Newsom, dont le nom circule comme possible candidat à l’élection présidentielle de 2028, laissera sa place au démocrate Xavier Becerra, projeté vainqueur des élections de mi-mandat tenues mardi.









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