Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez s’est rendu lundi à Alger, sa première visite en quatre ans, pour rencontrer le président Abdelmadjid Tebboune et officialiser la normalisation des relations entre les deux pays, après une brouille née du dossier du Sahara occidental.
Pedro Sanchez a affiché sa volonté d’« approfondir » les liens entre Madrid et Alger lors d’une déclaration conjointe avec Abdelmadjid Tebboune. Cette visite revêt, selon lui, « une importance particulière, parce que l’Espagne considère l’Algérie non seulement comme un pays voisin mais aussi un partenaire stratégique ». Le chef du gouvernement espagnol a insisté sur la nécessité de « renforcer le dialogue politique » et de « construire un partenariat économique mutuellement bénéfique ».
Sanchez avait fait le déplacement avec plusieurs hauts responsables d’entreprises énergétiques espagnoles. Il a rappelé que depuis le début de l’année 2026, l’Algérie était devenue le « premier fournisseur de gaz naturel » de l’Espagne, les deux pays étant reliés par le gazoduc MedGaz. Côté algérien, Tebboune a qualifié l’entretien de « fructueux » et « franc », saluant une visite porteuse d’un « nouveau souffle » dans les relations bilatérales. Les deux dirigeants ont abordé l’énergie, les investissements espagnols en Algérie, l’immigration illégale et le Sahara occidental.
C’est précisément ce territoire, ancienne colonie espagnole jusqu’en 1975, riche en phosphates et en eaux poissonneuses, qui avait fracturé les relations entre les deux capitales. En 2022, l’Espagne avait rompu avec sa position historique de neutralité en apportant son soutien au plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental, territoire largement contrôlé par le Maroc et revendiqué par les indépendantistes du Front Polisario, soutenus par Alger.
La réaction algérienne avait été sévère : suspension du traité d’amitié signé en 2002, gel des opérations bancaires limitant les transactions commerciales avec l’Espagne, et rappel de l’ambassadeur algérien à Madrid. Ces mesures avaient eu des conséquences économiques significatives pour les deux pays.
Le dégel s’est amorcé progressivement à partir de 2025. En mars dernier, la présidence algérienne avait annoncé la décision de Tebboune de réactiver le traité d’amitié, ouvrant la voie à la rencontre de lundi.
Communauté
Commentaires
Les commentaires sont ouverts, mais protégés contre le spam. Les premiers messages et les commentaires contenant des liens passent par une validation manuelle.
Soyez le premier à commenter cet article.