Matej Mohoric a dénoncé une différence de traitement entre les équipes lors de la vaste opération antidopage menée lundi, pendant la journée de repos du Tour de France. Le Slovène affirme avoir été réveillé à 5h du matin pour subir un contrôle sanguin, tandis que Paul Seixas et la formation Decathlon-CMA CGM auraient été contrôlés vers 20h, à un moment beaucoup moins pénalisant pour la récupération. Le coureur de Bahrain-Victorious, 88e du classement général, ne conteste pas le principe des contrôles. Il critique leurs horaires, leurs conséquences sur le sommeil des coureurs et l’absence supposée d’égalité entre les différentes formations.
L’ensemble du peloton contrôlé pendant la journée de repos
L’Agence de contrôles internationale, chargée du programme antidopage du Tour de France, a organisé lundi une opération de grande ampleur auprès de tous les coureurs encore engagés. Des prélèvements sanguins ont été réalisés dans le cadre du Passeport biologique de l’athlète, qui permet de suivre dans le temps les paramètres biologiques des sportifs et de repérer d’éventuelles variations anormales. L’ITA a confirmé qu’une vaste mission avait été menée le 20 juillet et que tous les coureurs du peloton avaient été inclus. Cette opération reposait sur le renseignement et l’évaluation des risques liés à la course. Elle faisait suite aux contrôles très commentés subis quelques heures plus tôt par Jonas Vingegaard et Tadej Pogacar. Les deux principaux favoris avaient été contrôlés dans la nuit de samedi à dimanche, ce qui avait déjà provoqué des critiques concernant le respect du repos des coureurs.
Mohoric affirme avoir été contrôlé à 5h du matin
Dans un entretien accordé à Sportal, Matej Mohoric a raconté les conditions dans lesquelles il avait lui-même été contrôlé. Selon lui, l’horaire choisi a directement amputé son temps de sommeil : « Pour nous, c’est assez désagréable. Cela réduit notre temps de repos et nous prend beaucoup d’énergie. J’ai moi-même eu un contrôle à 5 heures du matin, ce qui correspond pratiquement au milieu de la nuit, puisque nous nous couchons vers minuit en raison de la fin tardive des étapes et que nous prenons le petit déjeuner vers 10 heures. »
Le Slovène reconnaît la nécessité de garantir la crédibilité de la compétition, mais estime que les méthodes employées doivent préserver davantage les coureurs : « Ils doivent montrer qu’ils travaillent et qu’ils contrôlent afin de garantir un sport équitable. Je pense aussi qu’il y a un aspect business. » À ses yeux, les cyclistes actuels continuent de subir les conséquences de l’histoire du dopage dans leur discipline. Il demande toutefois que certaines limites soient respectées afin que les contrôles ne deviennent pas eux-mêmes un facteur perturbant pour la course.
Paul Seixas contrôlé vers 20h selon Mohoric
Matej Mohoric assure surtout que toutes les équipes n’auraient pas été soumises aux mêmes contraintes horaires. Il cite directement la formation Decathlon-CMA CGM et Paul Seixas, alors quatrième du classement général. Selon lui, les coureurs de l’équipe française auraient été contrôlés lundi aux alentours de 20h, alors qu’ils étaient encore éveillés. Une différence importante par rapport aux contrôles réalisés à 5h du matin ou en pleine nuit auprès d’autres équipes : « Nous payons pour le passé du cyclisme mais, malgré cela, il serait bon d’établir certaines limites humaines ou, du moins, de garantir une égalité de traitement pour tous. »
Mohoric ajoute qu’un coureur français bien placé au classement général, en référence à Paul Seixas, n’aurait pas eu à subir un prélèvement nocturne. Son reproche ne porte donc pas sur le fait que Seixas ait été contrôlé, mais sur l’horaire retenu et sur l’avantage en matière de récupération que celui-ci aurait pu représenter.
Le syndicat des coureurs dénonce les contrôles nocturnes
La contestation ne vient pas uniquement de Matej Mohoric. Lundi soir, le CPA, le syndicat représentant les coureurs professionnels, avait déjà dénoncé les prélèvements réalisés pendant les heures normalement consacrées au sommeil. L’organisation considère ces contrôles nocturnes comme « une entrave à la récupération des athlètes lors de la course la plus importante et la plus difficile du calendrier mondial et en contradiction avec les objectifs recherchés ».
Les coureurs ne réclament pas la fin des contrôles antidopage. Ils demandent qu’ils soient organisés dans des créneaux compatibles avec leur récupération, sauf urgence ou nécessité particulière. Sur une épreuve de trois semaines, où les étapes se terminent parfois tard et où les soins, les repas et les transferts repoussent l’heure du coucher, un réveil à 5h peut fortement réduire la durée du sommeil, et forcément, générer une inégalité sportive…