Le changement de présentateur de Samedi d’en rire tourne au règlement de comptes. Après l’éviction de Jean-Luc Lemoine de l’émission de France 3, Marc Toesca a annoncé qu’il quittait lui aussi le programme et s’en est pris avec une rare violence à son successeur, Bernard Montiel. « Quiche », « courtisan inodore, incolore, sans saveur » : l’ancien animateur du Top 50 a également évoqué l’amitié de Montiel avec Brigitte Macron en affirmant qu’on lui avait expliqué qu’« il fallait faire de la place à un ami de Brigitte Macron ». Bernard Montiel a désormais répliqué, dénonçant des « fake news » propagées par des « pleureuses ».
Jean-Luc Lemoine évincé après sept saisons
Tout commence avec Jean-Luc Lemoine. Mercredi 19 août, l’humoriste et animateur annonce qu’il ne sera plus aux commandes de Samedi d’en rire, émission qu’il présentait depuis sept saisons sur France 3. Le programme, lui, continue, mais sans celui qui l’incarnait depuis 2019. Jean-Luc Lemoine explique surtout ne pas avoir choisi de partir. Il raconte avoir découvert son éviction sur Internet à la fin du mois de juin, avant même d’avoir été prévenu directement par France Télévisions ou par la production. Une méthode qu’il dit avoir particulièrement mal vécue. Quelques jours auparavant, il échangeait encore avec la production au sujet des prochains tournages. L’animateur souligne également que l’émission n’est pas supprimée et qu’elle réalise de bonnes audiences. France Télévisions et la production ont simplement décidé de poursuivre le programme avec un autre présentateur. Ce remplaçant est désormais officiellement connu : Bernard Montiel.
Marc Toesca claque la porte et attaque Bernard Montiel
L’annonce provoque immédiatement la colère de Marc Toesca. Chroniqueur historique de Samedi d’en rire, il décide de ne pas participer à la prochaine saison et affiche publiquement son soutien à Jean-Luc Lemoine. Après avoir remercié ce dernier pour leurs sept années de collaboration et salué ses qualités humaines et professionnelles, Marc Toesca s’en prend directement à Bernard Montiel. Il qualifie son remplacement par un « courtisan inodore, incolore sans saveur » et ajoute cette phrase assassine : « Je ne ferai jamais de télé en face d’une quiche. » Marc Toesca explique que sa décision a été immédiate dès qu’il a appris le départ de Jean-Luc Lemoine. Il précise également conserver « un fond de colère » contre les dirigeants du service public, auxquels il reproche de ne comprendre ni la télévision ni son public.
« Il fallait faire de la place à un ami de Brigitte Macron »
Marc Toesca ne s’arrête pas là. À la fin de son message, il introduit directement Brigitte Macron dans la polémique.Il raconte avoir demandé à un ami pourquoi Jean-Luc Lemoine avait été écarté. Selon la réponse qui lui aurait été donnée, « il fallait faire de la place à un ami de Brigitte Macron ». Une référence transparente à Bernard Montiel. Il faut toutefois distinguer précisément les deux passages. Marc Toesca ne prononce pas littéralement l’expression « courtisan de Brigitte Macron ». Il qualifie d’abord Bernard Montiel de « courtisan inodore, incolore sans saveur », puis rapporte séparément cette explication faisant référence à son amitié avec Brigitte Macron. Le rapprochement entre les deux attaques est évident dans son message, mais l’affirmation concernant les raisons du remplacement est présentée par Toesca comme ce qu’un tiers lui aurait raconté, et non comme un fait qu’il aurait lui-même établi.
Bernard Montiel est bien un ami de Brigitte Macron
L’amitié entre Bernard Montiel et Brigitte Macron n’est, elle, pas contestée. L’animateur l’assume publiquement depuis des années. En revanche, il a déjà fermement démenti avoir bénéficié de l’intervention de la Première dame pour travailler sur France Télévisions. Interrogé en mai dernier sur les soupçons de « piston » entourant son arrivée sur le service public, Bernard Montiel avait assuré que Brigitte Macron n’était absolument pas intervenue. Il expliquait avoir été recruté après des échanges avec Stéphane Sitbon-Gomez, numéro deux de France Télévisions, et défendait Brigitte Macron comme une amie qui ne se mêle pas de sa carrière. Marc Toesca vient donc remettre publiquement cette question sur la table, sans apporter d’élément établissant une intervention de Brigitte Macron dans le remplacement de Jean-Luc Lemoine.
Bernard Montiel sort du silence et vise les « pleureuses »
Après les attaques, Bernard Montiel a choisi de répondre ce jeudi. Et s’il ne cite ni Marc Toesca ni Jean-Luc Lemoine par leur nom, peut-être par lâcheté ou peur du procès, le message vise clairement la polémique qui entoure son arrivée à Samedi d’en rire. L’animateur remercie d’abord avec ironie ceux qui ont pensé à lui à l’occasion de la Saint-Bernard. Puis le ton devient nettement plus offensif. Il dénonce des « fake news » circulant selon lui par l’intermédiaire de « pleureuses » ou de personnes qui ne comprennent pas le monde de la télévision. Bernard Montiel indique qu’il répondra « peut-être » plus tard aux accusations et rappelle ses 41 années passées dans le monde de la télévision. Il conclut sa mise au point en reprenant une formule de son ami Cyril Hanouna : la télévision reste « de la télé ». Il ne répond donc pas précisément, pour l’instant, à Marc Toesca sur l’accusation concernant Brigitte Macron. Il ne revient pas davantage sur les mots « quiche » ou « courtisan ». Sa réponse consiste à renvoyer globalement les critiques à des « fake news » et leurs auteurs à des « pleureuses ».
Montiel officialise son arrivée le 3 octobre
Bernard Montiel profite également de sa publication pour confirmer définitivement ce qui n’était encore qu’annoncé : il prendra bien la tête de Samedi d’en rire. Le rendez-vous est fixé au samedi 3 octobre à 13h30 sur France 3. Jean-Luc Lemoine est donc remplacé, tandis que le programme est maintenu à l’antenne. Bernard Montiel doit parallèlement rejoindre Les Enfants de la télé autour de Faustine Bollaert et poursuivre son émission dominicale sur RFM. Son arrivée intervient alors que l’équipe qui accompagnait Jean-Luc Lemoine se disloque.
Yoann Riou quitte également l’émission
Marc Toesca n’est en effet pas le seul chroniqueur à refuser de continuer. Yoann Riou a lui aussi annoncé son départ de Samedi d’en rire en raison de l’éviction de Jean-Luc Lemoine. Le journaliste sportif adopte un ton beaucoup moins virulent, mais sa décision est tout aussi nette. Après sept saisons dans le programme, il explique avoir préféré partir à cause du départ de Jean-Luc Lemoine, évoquant les années de bonheur passées avec l’équipe et l’excellente ambiance de l’émission. France 3 conserve donc Samedi d’en rire, mais perd simultanément son présentateur et au moins deux de ses chroniqueurs emblématiques.