À la suite de l’affaire Lyhanna, qui a révélé plusieurs dysfonctionnements dans le traitement judiciaire de plaintes pour violences sexuelles sur mineurs, le ministère de la Justice a lancé une vaste opération de réexamen des dossiers dans l’ensemble des juridictions françaises. Pilotée avec les 36 procureurs généraux, cette revue porte sur 85 047 plaintes recensées, dont 69 626 ont déjà été réexaminées. Les territoires ultramarins sont pleinement concernés par cette démarche, avec plusieurs milliers de dossiers passés en revue.
En Outre-mer, les niveaux d’avancement varient selon les territoires. La Guadeloupe a réexaminé l’ensemble de ses 688 dossiers, tandis que la Martinique en a traité 585 sur 1 021. À La Réunion, 1 050 dossiers sur 1 392 ont été réétudiés. En revanche, la Guyane (95 dossiers sur 773) et la Nouvelle-Calédonie (44 sur 342) affichent des taux de réexamen plus faibles. La Polynésie française, de son côté, a déjà traité 516 dossiers sur 623. Ces chiffres témoignent de l’ampleur du travail engagé pour réévaluer les procédures en cours.
Des procédures relancées et des dossiers prioritaires identifiés
À l’échelle nationale, 61,5 % des infractions recensées relèvent du délit et 38,5 % du crime. Selon le ministère, 91,4 % des personnes mises en cause ne présentent pas d’antécédents judiciaires connus, tandis que 16,5 % des auteurs présumés n’ont pas encore été identifiés. Par ailleurs, 64 % des victimes recensées sont désormais majeures. L’opération a permis d’identifier 970 dossiers considérés comme prioritaires, notamment lorsque les victimes sont encore mineures ou que les suspects présentent un risque élevé de récidive.
Le réexamen des plaintes a déjà eu des conséquences concrètes. Le ministère fait état de 1 350 informations judiciaires ouvertes, soit une hausse de 309 %, ainsi que de 675 incarcérations supplémentaires (+173 %). Le délai moyen de traitement des plaintes est estimé à 14,2 mois et 97 % des dossiers concernés ont moins de trois ans. Pour le gouvernement, cette opération vise à renforcer la protection des mineurs et à accélérer le traitement des affaires les plus sensibles, alors que les associations continuent d’appeler à une amélioration durable de la prise en charge des victimes.
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