Invité sur franceinfo, Laurent Jacobelli, député RN de Moselle et porte-parole du Rassemblement national, a défendu l’accord politique annoncé entre Jordan Bardella et Nigel Farage sur l’immigration. Il rejette les critiques selon lesquelles ce dispositif ferait peser davantage de responsabilités sur la France et promet, en cas d’arrivée au pouvoir, une politique beaucoup plus restrictive.
« Tous les immigrationnistes qui ont ouvert les portes » s’alarment désormais, selon Laurent Jacobelli, que le RN puisse faire revenir davantage de migrants vers la France. Une critique qu’il juge « ironique », accusant les gouvernements précédents d’avoir laissé entrer « un demi-million de migrants supplémentaires chaque année » et de consacrer des milliards d’euros aux aides sociales non contributives.
Le député affirme que l’objectif de Jordan Bardella et Nigel Farage serait au contraire d’envoyer un « signal mondial » de fermeté. Il résume leur ligne en trois principes : les personnes arrivant illégalement ne pourraient pas obtenir le statut de réfugié, elles n’auraient pas accès aux aides sociales et seraient « systématiquement » renvoyées dans leur pays d’origine.
« Les dépenses seront équitablement réparties »
Interrogé sur les migrants qui quitteraient les côtes françaises pour tenter de rejoindre le Royaume-Uni, Laurent Jacobelli assure toutefois qu’ils seraient secourus en cas de danger en mer. « Évidemment qu’on ne va pas les laisser se noyer », insiste-t-il. Il affirme également que les coûts liés à ces opérations seraient partagés entre la France et le Royaume-Uni dans le cadre de l’accord envisagé.
Face aux chiffres de l’Insee montrant une baisse récente de certaines entrées migratoires, le porte-parole du RN maintient que la tendance de fond reste celle d’une « submersion » et estime que la France a perdu le contrôle de ses frontières. Il reproche notamment aux précédents gouvernements d’avoir « subi » le phénomène migratoire sans préparer de réponse durable.
Laurent Jacobelli présente ainsi l’entente entre Jordan Bardella et Nigel Farage comme une démonstration d’anticipation politique. « Aujourd’hui, on a deux futurs Premiers ministres potentiels qui négocient avant ce qu’ils vont faire après », affirme-t-il, opposant cette stratégie à celle d’Édouard Philippe et Gabriel Attal.

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