La Coupe du monde a été marquée par plusieurs désaccords entre la direction de la Fédération française de football, le staff de Didier Deschamps et les joueurs de l’équipe de France. Selon L’Équipe, les crispations ont commencé plusieurs mois avant la compétition et se sont poursuivies pendant le parcours des Bleus, jusqu’à leur qualification pour les demi-finales. Les principaux sujets de discorde ont concerné l’avenir du sélectionneur, les conditions de récupération, les primes, les places accordées aux familles, les dépenses du comité exécutif de la FFF et la situation du responsable de la sécurité de l’équipe de France.
L’annonce de Philippe Diallo qui irrite Didier Deschamps
Les relations se sont tendues avant même le début de la compétition. En mars, au matin d’un départ de l’équipe de France vers Boston, le staff des Bleus a découvert un entretien accordé par Philippe Diallo au Figaro. Le président de la FFF y expliquait connaître le nom du futur sélectionneur de l’équipe de France. Une déclaration particulièrement sensible alors que Didier Deschamps était encore en fonction et préparait la Coupe du monde avec son staff. Le sélectionneur n’a que modérément apprécié de découvrir cette prise de parole le jour même du départ pour les États-Unis. L’épisode a renforcé une crispation déjà perceptible entre l’encadrement sportif des Bleus et la direction fédérale.
Kylian Mbappé intervient pour obtenir la cryothérapie
Dès le mois de mars, le staff et les joueurs ont demandé que des équipements de cryothérapie soient mis à leur disposition pendant la Coupe du monde. La chaleur et l’humidité attendues dans l’est des États-Unis rendaient cette installation importante pour la récupération physique. La direction générale de la Fédération s’y est d’abord opposée, estimant le dispositif trop coûteux. Le refus a été mal compris par le groupe, qui considérait la cryothérapie comme un outil nécessaire dans une compétition disputée en plein été, avec des matchs rapprochés et de nombreux déplacements. Kylian Mbappé a dû personnellement insister auprès de la direction pour que la demande soit finalement acceptée.
Le voyage à 120 000 euros du comité exécutif fait grincer des dents
La question des dépenses de la FFF a ensuite provoqué de nouvelles incompréhensions. La Fédération a organisé le déplacement de treize membres de son comité exécutif, accompagnés de quatre salariés de l’instance. Les 17 personnes ont voyagé en classe affaires sur un vol régulier entre Paris et Boston. Le coût total du déplacement s’est élevé à près de 120 000 euros. Cette dépense a surpris plusieurs joueurs et membres de leurs entourages. Des places étaient encore disponibles dans le vol destiné aux familles des internationaux, alors que celles-ci étaient directement concernées par la présence des joueurs aux États-Unis pendant plusieurs semaines.
Le malaise s’est prolongé lors du dîner organisé le soir d’un match. Les membres du comité exécutif ont été installés dans une pièce séparée de celle réservée aux familles. Les deux groupes n’ont pas bénéficié du même service ni du même menu. Cette différence de traitement a été remarquée et mal vécue par plusieurs proches des joueurs.
Six places réclamées pour les proches des joueurs
Les places mises à la disposition des familles ont également fait l’objet d’un bras de fer. Philippe Diallo avait initialement proposé de limiter chaque joueur à deux places en tribune par rencontre. La décision a été jugée insuffisante par les internationaux, présents pendant plusieurs semaines loin de la France et souhaitant permettre à leurs proches d’assister aux matchs. La question était d’autant plus sensible que les rencontres se déroulaient dans plusieurs villes et que les familles devaient organiser des déplacements importants. Les négociations se sont poursuivies jusqu’au vol vers Boston du 10 juin. Kylian Mbappé a finalement obtenu que chaque joueur puisse bénéficier de six places pour ses proches.
Un bras de fer autour des primes de la Coupe du monde
La question des primes a constitué l’un des désaccords les plus importants entre les joueurs et la Fédération. Le groupe estimait que les performances des Bleus rapportaient des sommes considérables à la FFF et ne comprenait pas la volonté de revoir les conditions de rémunération liées au parcours dans la compétition. Philippe Diallo a proposé que les primes ne soient versées qu’en cas de qualification pour les demi-finales. Lors des précédentes compétitions, les joueurs pouvaient commencer à percevoir une prime à partir des huitièmes de finale. Les Bleus ont refusé cette modification. Leur capitaine a directement interpellé le président de la Fédération au cours des discussions.
« Président, c’est votre première Coupe du monde, moi, la troisième. Vous imaginez qu’un huitième ou un quart de finale n’ont pas de valeur ? », lui a répondu Kylian Mbappé, selon les propos rapportés par L’Équipe. Le différend a finalement été réglé dans l’avion qui conduisait les Bleus à Boston le 10 juin. Le capitaine a obtenu le maintien du principe défendu par les joueurs.
Philippe Diallo félicite les Bleus, mais oublie Deschamps et son staff
Après la qualification de l’équipe de France pour les demi-finales, Philippe Diallo a publié un long message de félicitations sur LinkedIn. Le président de la FFF a salué la performance des joueurs et le parcours de l’équipe. Il n’a toutefois cité ni Didier Deschamps ni les membres de son staff. Cette absence n’est pas passée inaperçue. Elle a été remarquée dans l’entourage de l’équipe de France, mais également au siège de la Fédération. Dans un climat déjà tendu, cet oubli a été perçu comme un nouvel épisode de la distance installée entre la direction fédérale et le sélectionneur.
L’annonce concernant le poste de Mohamed Sanhadji provoque un nouveau malaise
Quelques jours avant le rassemblement des Bleus à Clairefontaine, le 29 mai, la direction générale de la FFF a publié une offre pour recruter un responsable de la sécurité de l’équipe de France. Ce poste était pourtant occupé depuis 2004 par Mohamed Sanhadji, figure historique de l’encadrement des Bleus. L’ancien commandant de police avait été placé en retraite anticipée après un don reçu de Kylian Mbappé en 2022. Le don avait été déclaré par Mohamed Sanhadji, mais sa hiérarchie l’avait jugé irrégulier. La FFF l’avait ensuite recruté afin qu’il puisse poursuivre sa mission auprès de l’équipe de France jusqu’à la Coupe du monde 2026. La publication de l’offre d’emploi a donc semé le doute sur son avenir immédiat. Mohamed Sanhadji a pu penser qu’il risquait d’être remplacé avant même le rassemblement de Clairefontaine.
La situation a profondément gêné Didier Deschamps, qui connaît l’importance du responsable de la sécurité dans le fonctionnement quotidien de l’équipe. Les joueurs, très attachés à Mohamed Sanhadji, ont également mal compris la méthode employée par la direction fédérale.
Une accumulation de désaccords pendant toute la compétition
Aucune de ces affaires n’a empêché les Bleus d’atteindre les demi-finales de la Coupe du monde. Leur accumulation a néanmoins dégradé les relations entre la direction de la FFF, le staff technique et plusieurs cadres du vestiaire. De l’avenir de Didier Deschamps aux primes, en passant par la récupération des joueurs, l’accueil des familles, les dépenses des dirigeants et la sécurité de l’équipe, les tensions ont concerné presque tous les aspects de l’organisation entourant les Bleus. Elles ont aussi confirmé le rôle central joué par Kylian Mbappé dans les discussions avec Philippe Diallo. Le capitaine est intervenu sur plusieurs dossiers et a directement défendu les demandes du groupe face à la direction de la Fédération.