La FIFA reconnaît des erreurs dans la gestion de son projet d’ouverture des droits commerciaux de ses compétitions aux capitaux privés. Après une réunion de crise organisée mercredi à Rabat, au Maroc, la direction de l’instance internationale a présenté ses excuses aux 211 fédérations membres, tout en réaffirmant son « plein soutien » à Gianni Infantino. Le président de la FIFA reste donc en poste malgré les critiques provoquées par ce projet désormais abandonné.
Une réunion de crise à Rabat
Gianni Infantino, le secrétaire général Mattias Grafström et plusieurs membres du conseil de direction de la FIFA se sont réunis au Maroc pour tenter de refermer une crise qui secoue l’organisation depuis plusieurs jours. Les discussions ont porté sur le fonctionnement interne de la FIFA, la communication entre ses dirigeants et la manière dont le projet FIFA Forward Enterprise avait été préparé puis présenté. La direction admet que le Conseil de la FIFA et les fédérations nationales ont pu avoir le sentiment d’avoir été tenus à l’écart. Elle reconnaît également que la procédure aurait dû être conduite autrement et que des erreurs ont été commises après la divulgation du projet dans les médias. Dans une lettre distincte adressée au Conseil et aux associations membres, la FIFA a présenté ses excuses. « Des excuses ont été présentées pour ces erreurs, assorties d’un engagement à veiller à ce qu’elles ne se reproduisent plus », précise l’organisation.
Le projet FIFA Forward Enterprise définitivement abandonné
Le projet contesté prévoyait de créer une nouvelle société baptisée FIFA Forward Enterprise. Cette entité devait regrouper les principales activités commerciales et opérationnelles de la FIFA, notamment les droits de diffusion, le sponsoring, les licences, la billetterie, l’hospitalité et l’organisation de ses compétitions. La FIFA envisageait d’ouvrir jusqu’à 20% du capital de cette société à des investisseurs privés. L’opération aurait pu rapporter environ 4,2 milliards de dollars. Elle devait permettre d’augmenter les sommes reversées aux 211 fédérations nationales et de porter leur financement à 20 millions de dollars chacune pour le cycle 2027-2030, avec la possibilité d’obtenir 20 millions supplémentaires pour certains projets. Le projet avait immédiatement provoqué une forte opposition. Plusieurs instances du football mondial dénonçaient le manque de consultation, l’absence de garanties sur l’identité des investisseurs et le risque de voir les compétitions de la FIFA, notamment la Coupe du monde, transformées en produits financiers. Face à la contestation, Gianni Infantino avait finalement annoncé le retrait du projet le vendredi 31 juillet. La FIFA confirme désormais que FIFA Forward Enterprise est définitivement abandonné et qu’aucune ouverture de capital ne sera soumise au vote des fédérations.
Des erreurs reconnues, mais aucune infraction admise
La FIFA reconnaît des fautes dans la méthode, mais refuse toute accusation de violation de ses règlements. L’organisation affirme que toutes les démarches menées autour du projet respectaient son cadre juridique et réglementaire. « Bien que des erreurs aient été commises, tout ce qui a été fait l’a été dans le strict respect du cadre réglementaire de la FIFA », assure le communiqué. La direction annonce néanmoins l’ouverture d’un examen interne. Un rapport devra être remis au Conseil de la FIFA lors de sa prochaine réunion afin de déterminer comment améliorer les procédures, les consultations et la circulation des informations entre la présidence, l’administration et les fédérations membres.
La direction fait bloc autour de Gianni Infantino
Malgré les excuses et l’abandon du projet, la direction de la FIFA ne remet pas en cause Gianni Infantino. Les responsables présents à Rabat lui ont au contraire renouvelé leur confiance. « Le secrétaire général de la FIFA et les membres du conseil de direction présents ont réaffirmé leur plein soutien au président de la FIFA, Gianni Infantino, en tant que seul responsable élu par les 211 associations membres », indique l’organisation. Gianni Infantino a, de son côté, réaffirmé son soutien à Mattias Grafström et à l’administration de la FIFA. Le communiqué insiste sur la nécessité pour la présidence, le secrétariat général et les équipes de l’organisation de parler d’une seule voix.
Une contestation qui fragilise le président de la FIFA
Ce soutien interne ne fait pas disparaître les critiques. Plusieurs fédérations européennes ont retiré leur appui à Gianni Infantino en vue de la prochaine élection présidentielle de la FIFA, prévue en mars 2027. L’UEFA, la CONCACAF et la Confédération asiatique avaient dénoncé la manière dont le projet avait été présenté, sans véritable consultation préalable. Des responsables internes avaient également pris leurs distances. Le directeur des opérations de la FIFA, Kevin Lamour, avait affirmé que plusieurs collaborateurs avaient été trompés et décrit FIFA Forward Enterprise comme le projet d’une seule personne. Malgré cette contestation, aucun candidat ne s’est encore déclaré pour affronter Gianni Infantino. Élu à la tête de la FIFA en 2016, le dirigeant italo-suisse conserve de nombreux soutiens, notamment parmi les fédérations africaines, asiatiques et du Moyen-Orient.
La FIFA menace désormais de défendre sa réputation
Après avoir reconnu ses erreurs, l’organisation durcit également le ton contre ses détracteurs. Elle affirme qu’elle ne tolérera plus les attaques visant son intégrité, sa gouvernance ou ses procédures et qu’elle prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger son nom et sa réputation. La FIFA promet désormais de travailler avec les fédérations et les confédérations afin de trouver d’autres moyens d’augmenter les financements consacrés au développement du football. Le projet d’ouverture aux investisseurs privés est enterré, mais Gianni Infantino demeure fermement soutenu par sa direction.