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Mort de Jean Pormanove: Naruto condamné à 2 ans avec sursis, Safine à 18 mois. Tous les deux sont bannis du numérique pour 6 mois

Mort de Jean Pormanove : Naruto condamné à 2 ans avec sursis, Safine à 18 mois. Tous les deux sont bannis du numérique pour 6 mois
Mort de Jean Pormanove : Naruto condamné à 2 ans avec sursis, Safine à 18 mois. Tous les deux sont bannis du numérique pour 6 mois

Le tribunal correctionnel de Nice a rendu son jugement, mercredi 5 août, dans l’affaire des violences et humiliations diffusées en direct autour de Jean Pormanove. Owen Cenazandotti, alias « Naruto », a été condamné à 2 ans de prison avec sursis et 15 000€ d’amende. Safine Hamadi, dit « Safine », écope de 18 mois de prison avec sursis et de 5 000€ d’amende. Les 2 streamers sont également condamnés à 6 mois de « bannissement numérique ».

Aucune peine de prison ferme prononcée

Le tribunal n’a pas suivi l’intégralité des réquisitions du parquet. La procureure Maud Marty avait demandé contre Naruto 30 mois de prison, dont 1 an ferme à effectuer à domicile sous bracelet électronique, ainsi que 30 000€ d’amende. Pour Safine, elle avait requis 18 mois de prison avec sursis probatoire et 15 000€ d’amende. La magistrate avait également demandé un bannissement numérique à vie pour les 2 hommes, qui n’auraient alors plus eu le droit de publier sur les plateformes. Le tribunal a finalement limité cette interdiction à 6 mois. Le jugement ne prévoit donc aucun emprisonnement immédiat, les peines prononcées étant intégralement assorties du sursis.

Des milliers d’heures de violences et d’humiliations en direct

Naruto, 27 ans, et Safine, 24 ans, étaient jugés pour des faits commis entre 2023 et 2025 au cours de milliers d’heures de diffusion en direct, d’abord sur Twitch, puis sur Kick. Le dossier concernait notamment des violences en réunion, des abus de faiblesse, la diffusion d’images violentes ainsi que des provocations à la haine ou à la violence. Jean Pormanove, de son vrai nom Raphaël Graven, apparaissait régulièrement dans ces directs. Une autre victime figurait également dans le dossier : Stéphane G., surnommé « Coudoux », un quadragénaire placé sous curatelle. Les audiences ont porté sur le fonctionnement de la chaîne et sur les méthodes utilisées pour provoquer les réactions de Jean Pormanove. Les directs réunissaient en moyenne plusieurs milliers de spectateurs et faisaient partie des contenus français les plus regardés sur Kick.

Gifles, coups de pied, fouet et batte de baseball

Durant le procès, le tribunal a visionné ou examiné de nombreuses images montrant Jean Pormanove et Coudoux recevoir des gifles, des coups de pied, des coups de fouet ou de batte de baseball. Des cris étaient également poussés près de leurs oreilles. Jean Pormanove recevait par ailleurs des œufs sur la tête et des seaux d’eau. Il était insulté et tourné en dérision au son d’une chanson répétant « JP veut pas d’ça ». Ces scènes étaient ensuite diffusées devant les internautes présents sur les plateformes.

« Les violences sont le programme »

Lors de ses réquisitions, la procureure Maud Marty avait décrit « un système de maltraitance humaine, pas un dérapage ou une provocation ». Elle avait estimé que « les violences sont le programme, elles font le scénario ». Pour l’accusation, les humiliations n’étaient pas de simples incidents isolés au cours des directs. Elles constituaient le principe même des émissions proposées au public, avec la recherche répétée de réactions violentes ou colériques de Jean Pormanove. La procureure avait également dénoncé la transformation de personnes vulnérables en objets de divertissement devant des dizaines de milliers d’internautes.

Naruto invoquait « la bonne ambiance »

Les 2 streamers avaient contesté la présentation faite par l’accusation. Naruto avait expliqué que le concept de la chaîne reposait sur les réactions de Jean Pormanove, dont les colères étaient considérées comme drôles par le groupe et par une partie du public. Différents scénarios étaient imaginés afin de provoquer ces réactions, mais toujours, selon lui, « dans la bonne ambiance ». Naruto avait comparé ces défis aux mises en scène potaches popularisées à la télévision par Michaël Youn ou Cyril Hanouna. Stéphane G., alias Coudoux, avait lui-même refusé de se présenter comme une victime devant le tribunal. Il avait déclaré : « On était une bande de potes, c’était juste notre délire. » La procureure avait répondu que le fonctionnement de la chaîne reposait sur la désignation de certaines personnes comme cibles des humiliations.

La mort de Jean Pormanove n’était pas jugée

Jean Pormanove est mort à 46 ans en août 2025, pendant un direct de près de 12 jours diffusé sur Kick. La découverte de son corps inerte sous un drap avait provoqué une vive émotion en France et à l’étranger. Le procès de Naruto et Safine ne portait cependant pas sur les causes de cette mort. Après les examens médicaux, l’enquête consacrée au décès avait été classée sans suite en février 2026, l’autopsie n’ayant pas retenu l’action d’un tiers. Le tribunal correctionnel jugeait les violences, humiliations et contenus diffusés durant les années précédant le décès, et non une responsabilité pénale des 2 streamers dans la mort de Raphaël Graven.

Un bannissement numérique ramené à 6 mois

En plus des peines de prison avec sursis et des amendes, Naruto et Safine devront respecter une période de 6 mois de « bannissement numérique ». Cette peine complémentaire doit les empêcher temporairement de publier sur les plateformes. Le parquet réclamait une interdiction définitive, estimant nécessaire d’écarter durablement les 2 streamers des espaces dans lesquels les faits avaient été commis et diffusés. Les juges ont choisi une durée beaucoup plus courte. À ce stade, Owen Cenazandotti est donc condamné à 2 ans de prison avec sursis et 15 000€ d’amende. Safine Hamadi est condamné à 18 mois avec sursis et 5 000€ d’amende. Tous deux sont interdits de publication sur les plateformes pendant 6 mois.

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