Figure mondiale de la défense de l’Amazonie et des peuples autochtones, le chef Raoni Metuktire souffre d’un cancer du système digestif. Âgé de 94 ans, le cacique kayapo bénéficie désormais de soins palliatifs à domicile, à Peixoto de Azevedo, dans l’État brésilien du Mato Grosso. Son état de santé s’est fortement dégradé ces derniers mois après une longue hospitalisation et une opération pour une occlusion intestinale.
Un « adénocarcinome peu différencié » diagnostiqué
Raoni est atteint d’un « adénocarcinome peu différencié », une tumeur cancéreuse du système digestif découverte après les graves problèmes intestinaux qui l’ont conduit à l’hôpital.
Face à son âge, à son état général et aux risques représentés par des traitements oncologiques lourds, les médecins ont décidé de privilégier les soins palliatifs. « Compte tenu de son âge, de son état clinique et des risques élevés liés à des traitements agressifs, les équipes médicales ont préconisé des soins palliatifs », a annoncé son institut lundi 14 septembre.
Le chef kayapo est actuellement pris en charge chez lui dans le cadre d’un « dispositif de soins à domicile » à Peixoto de Azevedo, dans le centre-ouest du Brésil, à proximité du village amazonien où il a vécu pendant plusieurs décennies.
Un mois d’hospitalisation après une occlusion intestinale
Les problèmes de santé de Raoni se sont aggravés au cours des derniers mois. Il a été hospitalisé pendant environ un mois à São Paulo après une occlusion intestinale nécessitant une opération.
Il avait pu quitter l’hôpital en juillet. Les examens réalisés au cours de cette prise en charge ont ensuite révélé la présence d’une tumeur cancéreuse.
Les soins palliatifs ont pour objectif de soulager les douleurs et les symptômes et de préserver autant que possible la qualité de vie du patient. Dans le cas de Raoni, les équipes médicales ont écarté les traitements les plus agressifs en raison de son âge, de son état clinique et des risques qu’ils pourraient entraîner.
Une vie consacrée à la défense de l’Amazonie
Reconnaissable à son célèbre plateau labial, Raoni est devenu au fil des décennies l’un des visages les plus connus de la défense des populations autochtones d’Amazonie.
Il a parcouru le monde, rencontré de nombreux chefs d’État et responsables politiques et multiplié les appels contre la déforestation, la pollution des rivières et l’exploitation des territoires des peuples autochtones.
Son combat dépasse depuis longtemps les frontières du Brésil. Ces dernières années encore, la défense des territoires indigènes a occupé une place centrale dans les mobilisations liées à l’Amazonie, notamment avec la mobilisation des peuples autochtones à l’occasion de la COP30.
La forêt amazonienne reste soumise à une forte pression environnementale malgré plusieurs évolutions récentes, avec notamment un recul important de la déforestation en Amazonie brésilienne et une baisse des surfaces touchées par les incendies.
Malgré la maladie, Raoni était encore présent au printemps
Malgré un état de santé déjà fragile, Raoni avait encore participé en avril au Campement Terre Libre, la plus importante manifestation autochtone du Brésil.
Chaque année, des milliers de représentants des peuples indigènes s’y retrouvent pour défendre leurs droits et réclamer la protection de leurs terres ancestrales.
La transmission de son combat est déjà évoquée au sein du peuple kayapo. En mai, le chef Megaron Txucarramãe avait affirmé vouloir perpétuer l’héritage et le combat menés par Raoni.
À 94 ans, Raoni reste l’une des figures les plus célèbres de la lutte pour la préservation de l’Amazonie et la défense des peuples autochtones. Désormais atteint d’un cancer du système digestif, il poursuit sa prise en charge à domicile, entouré de ses proches et de sa communauté.
