La vente des objets personnels de Brigitte Bardot a largement dépassé les estimations. Hier, à l’Hôtel Drouot à Paris, les 285 lots provenant de la succession de l’actrice ont tous trouvé preneur. Au total, la vente a atteint 953 531 € frais compris, après près de neuf heures d’enchères. Plus de 3 000 enchérisseurs ont participé à la vacation, tandis que plus de 15 000 personnes avaient découvert les objets pendant les six jours d’exposition.
Quelques semaines plus tôt, les 285 objets personnels de Brigitte Bardot proposés à Drouot avaient été dévoilés : bijoux, vêtements, dessins, meubles, machine à écrire, guitares ou encore souvenirs liés à ses animaux. Plusieurs lots ont finalement atteint des montants sans commune mesure avec leurs estimations initiales.
Deux colliers de chiens à 9 400 €, un chapeau à 4 766 €
Parmi les résultats les plus étonnants figurent deux colliers ayant appartenu aux chiens de Brigitte Bardot, accompagnés de médailles portant ses coordonnées. Estimés seulement 30 à 50 €, ils ont été adjugés 9 400 € frais compris. Un prix près de 190 fois supérieur à l’estimation haute.
Même envolée pour un simple chapeau de paille de BB. Estimé entre 20 et 40 €, il a atteint 4 766 €. Un flacon de L’Heure Bleue de Guerlain, évalué entre 40 et 60 €, a été vendu 3 310 €, tandis qu’un sac Stella Ryder de Stella McCartney, estimé entre 100 et 200 €, est parti à 5 958 €.
Les lunettes ambrées emblématiques portées par Brigitte Bardot dans les années 1960 ont été adjugées 2 648 €, pour une estimation de seulement 120 à 150 €. Le fauteuil peacock dit « Emmanuelle », provenant de La Madrague, a atteint 7 017 €, contre une estimation de 120 à 150 €.
Un bracelet de Brigitte Bardot vendu 56 931 €
Les bijoux ont également déclenché de fortes enchères. Un bracelet à breloques en or porté par Brigitte Bardot, estimé entre 800 et 1 200 €, a atteint 56 931 €. Il figure parmi les prix les plus élevés de la vente.
Un pendentif cœur en or signé Fred et portant le nom de Miroslav Brozek, estimé entre 1 500 et 3 500 €, a été vendu 5 693 €. L’engouement a également concerné les objets directement liés à la vie artistique de BB : son tutu noir Repetto, porté sur les toits de Paris, a atteint 5 031 €, pour une estimation comprise entre 400 et 600 €.
La guitare flamenca Admira de Brigitte Bardot, estimée entre 300 et 500 €, a été adjugée 11 916 €. Sa guitare classique Yamaha, évaluée entre 200 et 300 €, est partie à 8 606 €, tandis que sa machine à écrire Olivetti Lettera 22 a trouvé preneur à 4 634 €.
Son autoportrait atteint 39 720 €
L’un des objets les plus personnels de la vente était un autoportrait réalisé par Brigitte Bardot elle-même. Estimé entre 200 et 300 €, il a finalement été adjugé 39 720 €. Un portrait de Roger Vadim dessiné par BB a, lui, atteint 5 958 €, exactement le même montant qu’un portrait de Brigitte Bardot enfant réalisé par Roger Vadim.
Le dessin Brigitte Bardot fait parler de Jean-Jacques Sempé a été vendu 25 156 €, alors qu’il était estimé entre 5 000 et 10 000 €. Un dessin d’Aslan représentant Brigitte Bardot, estimé seulement 60 à 80 €, a atteint 7 282 €. Le portrait de BB par Jean Carzou, dédicacé « Pour Brigitte, en souvenir de sa première pose », est parti à 3 310 €, pour une estimation de 200 à 300 €.
L’affiche d’Et Dieu… créa la femme d’Edward Quinn a atteint 3 045 €, contre une estimation de 100 à 200 €. Un projet de coiffe dessiné par Léonor Fini pour Brigitte Bardot à l’occasion du bal surréaliste Rothschild de 1972 a, lui, été adjugé 6 620 €.
De 50 000 € d’estimations à presque 1 million d’euros
Pour Alexandre Millon, commissaire-priseur qui a dirigé la vente, l’écart entre les estimations et le résultat final résume l’engouement suscité par les souvenirs de l’actrice. « Brigitte Bardot aura été, une fois encore, une formidable alchimiste : elle a transformé quelque 50 000 euros d’estimations en près d’un million d’euros frais compris. »
La vente avait attiré un public considérable. La salle étant comble, une seconde salle avait dû être ouverte à Drouot pour permettre aux visiteurs de suivre les enchères en vidéo. Dessins, vêtements, bijoux et objets provenant notamment des demeures de Brigitte Bardot à Saint-Tropez ont attiré des enchérisseurs en salle, au téléphone et sur Internet.
Cette dispersion fait suite à la mort de Brigitte Bardot à l’âge de 91 ans. Près de quarante ans auparavant, le 17 juin 1987, BB avait déjà vendu une partie de ses biens personnels afin de financer la Fondation Brigitte Bardot, créée en 1986.
La Fondation Brigitte Bardot et son fils bénéficiaires de la succession
Le produit de cette nouvelle vente revient à la succession Bardot, dont les bénéficiaires sont la Fondation Brigitte Bardot et Nicolas-Jacques Charrier, fils unique de l’actrice. La Fondation agit aujourd’hui dans 70 pays et accueille plus de 13 000 animaux dans ses quatre sanctuaires ou auprès de structures partenaires.
Ghislaine Calmels, directrice générale de la Fondation, a rappelé le sens donné à cette dispersion : « À travers vos enchères, c’est une part de Brigitte Bardot, une part de son âme, que vous emportez avec vous. » Elle a également insisté sur la continuité du combat de l’actrice : « Par vos enchères, vous prolongez aussi son combat, celui auquel elle a consacré sa vie pour donner une voix à ceux qui n’en ont pas. »
La Fondation est désormais présidée par Max Guazzini, élu à sa tête le 16 septembre. Avec 953 531 € récoltés et 100% des 285 lots vendus, cette vente referme une partie de l’histoire personnelle de Brigitte Bardot tout en apportant de nouveaux moyens à l’œuvre qu’elle avait fondée quarante ans plus tôt.

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