Les lettres d’amour de Brigitte Bardot à son deuxième mari, Jacques Charrier, n’ont pas trouvé preneur ce mardi chez Christie’s, à Paris. Estimée entre 100 000 et 150 000 euros, cette correspondance manuscrite, contenant des déclarations passionnées, des confidences douloureuses et des passages particulièrement érotiques, n’a pas atteint son prix de réserve. Les enchères se sont arrêtées à 55 000 euros hors frais, bien loin des attentes du vendeur.
« Je glisse sur ton ventre jusqu’à ton sexe » : des déclarations sans retenue
L’ensemble proposé à la vente comprenait 19 lettres manuscrites, représentant 53 pages, rédigées à partir de 1959 et au début des années 1960. Brigitte Bardot les avait adressées à Jacques Charrier, qu’elle avait épousé en juin 1959 et avec lequel elle attendait son fils Nicolas, né le 11 janvier 1960.
Ces courriers révèlent une Brigitte Bardot particulièrement passionnée. Dans l’un d’eux, l’actrice écrit à son mari : « Je suis coquine tu sais, j’ai envie… », avant de poursuivre avec des descriptions explicites de son désir.
Elle évoque notamment les caresses qu’elle souhaite lui prodiguer : « Je glisse sur ton ventre jusqu’à ton sexe », puis conclut sa déclaration par ces mots : « Fais-moi l’amour Nounours, je t’aime, je t’aime. »
Sur les photographies des documents, on découvre des feuilles jaunies couvertes d’une écriture manuscrite à l’encre rose ou bleue, parfois accompagnée de petits dessins de fleurs. Une enveloppe porte simplement le nom de Jacques Charrier, écrit et souligné à l’encre rose.
« Si tu me quittes, je meurs » : derrière la passion, une profonde détresse
Les lettres ne contiennent pas uniquement des déclarations amoureuses. Brigitte Bardot y exprime également ses angoisses, sa solitude et sa peur de perdre Jacques Charrier.
Alors enceinte, l’actrice supporte difficilement la pression médiatique et les longues absences de son mari, mobilisé pour son service militaire pendant la guerre d’Algérie. Elle passe une grande partie de sa grossesse à l’abri des photographes, dans son appartement parisien.
Dans l’un de ses courriers, elle lui écrit : « Si tu me quittes je meurs ». Dans un autre, elle confie : « J’en ai assez de tout, et surtout de moi-même. Je me trouve pesante, agaçante, molle et laide. »
La correspondance témoigne ainsi d’une relation traversée par des sentiments contradictoires, entre désir amoureux, dépendance affective et souffrance psychologique. Brigitte Bardot évoque à plusieurs reprises la mort et son désespoir lorsqu’elle se retrouve éloignée de son époux.
Un mariage passionné qui s’achève par un divorce
Brigitte Bardot et Jacques Charrier se rencontrent en 1958 sur le tournage du film Babette s’en va-t-en guerre, réalisé par Christian-Jaque. Ils se marient le 18 juin 1959, alors que l’actrice est au sommet de sa célébrité.
Leur fils Nicolas-Jacques naît quelques mois plus tard, le 11 janvier 1960. Mais leur mariage se dégrade rapidement, sur fond de difficultés personnelles, de pression médiatique et de problèmes psychologiques. Le couple divorce en 1963, après quatre années d’union.
Jacques Charrier obtient la garde de leur fils. Les relations entre les anciens époux resteront conflictuelles pendant plusieurs décennies, notamment après la publication de l’autobiographie de Brigitte Bardot, Initiales B.B., et les révélations concernant leur vie conjugale.
Jacques Charrier avait d’ailleurs déjà reproduit certains extraits de cette correspondance dans son livre Ma réponse à Brigitte Bardot, publié en 1997.
Estimées jusqu’à 150 000 euros, les lettres restent invendues
Malgré la célébrité de Brigitte Bardot et le caractère exceptionnellement personnel de ces documents, les enchères n’ont pas atteint le montant espéré.
Christie’s avait fixé une estimation comprise entre 100 000 et 150 000 euros pour les 19 lettres. Ce mardi, les offres n’ont pas dépassé 55 000 euros hors frais. Le prix de réserve, c’est-à-dire le montant minimum confidentiel exigé pour conclure la vente, n’ayant pas été atteint, le lot est resté invendu.
Cette vente faisait suite à une autre dispersion d’objets ayant appartenu à l’actrice. En septembre, près de 300 effets personnels de Brigitte Bardot avaient été proposés aux enchères à l’Hôtel Drouot, parmi lesquels des bijoux, des vêtements, des dessins, des meubles et sa machine à écrire.
Les 19 lettres adressées à Jacques Charrier, conservées plus de 60 ans après leur rédaction, n’ont donc pas changé de propriétaire à l’issue de la vente de ce mardi.









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