La mort de Jesús de Miguel, l’attaquant du CD Tenerife décédé ce mardi à l’âge de 30 ans après un violent choc avec le gardien du FC Andorre, a pris une tournure judiciaire. La police espagnole a ouvert une enquête pour homicide par imprudence concernant Jesús Owono, le portier équato-guinéen impliqué dans la collision. Les investigations, placées sous supervision judiciaire, devront déterminer si son intervention constitue un simple accident de jeu ou une faute susceptible d’engager sa responsabilité pénale. En cas d’imprudence grave reconnue par la justice, la législation espagnole prévoit jusqu’à quatre ans d’emprisonnement.
Un choc terrible qui a coûté la vie à l’attaquant de Tenerife
Le drame s’est produit lundi soir, au stade Heliodoro Rodríguez López, dans les dernières minutes de la rencontre de deuxième division espagnole entre Tenerife et Andorre. Alors que les deux équipes étaient à égalité (2-2), Jesús de Miguel s’est lancé à la poursuite d’un ballon en profondeur. Le gardien adverse, Jesús Owono, est sorti à grande vitesse de sa surface de réparation pour tenter de dégager le ballon et a violemment percuté l’attaquant au niveau du haut du corps.
Comme le montrent les images du terrible choc qui a coûté la vie au footballeur espagnol, Jesús de Miguel s’est effondré sur la pelouse après la collision. Victime d’un arrêt cardiorespiratoire, il a été pris en charge par les secours, puis transporté à l’hôpital universitaire Nuestra Señora de La Candelaria. Son état neurologique s’est aggravé pendant la nuit et son club a annoncé son décès ce mardi matin, à 8 heures.
Jesús Owono a reçu un carton rouge après son intervention. La rencontre a été définitivement interrompue, alors que les joueurs des deux équipes étaient profondément bouleversés par l’état de santé de leur adversaire.
La police espagnole ouvre une enquête pour homicide par imprudence
Le groupe des homicides de la police nationale espagnole a ouvert des investigations pour déterminer les circonstances exactes de la collision. L’enquête, engagée dans le cadre de la procédure applicable aux décès non naturels, est placée sous supervision judiciaire.
Les policiers devront notamment examiner les enregistrements vidéo du match, reconstituer la trajectoire du gardien et établir les circonstances précises de l’impact. Les déclarations des personnes impliquées et les conclusions médico-légales pourront également être utilisées pour déterminer si une faute pénale a été commise.
Le dossier concerne directement Jesús Owono, gardien international équato-guinéen du FC Andorre. Toutefois, l’ouverture de cette enquête ne signifie pas qu’il a été reconnu responsable de la mort de Jesús de Miguel. Aucune culpabilité pénale n’a été établie à ce stade.
Jusqu’à quatre ans de prison : ce que risque le gardien
La mort du footballeur pose désormais la question des conséquences pénales d’un geste commis pendant une rencontre sportive. Interrogé sur cette affaire, Maître Alexis Chabot, avocat spécialisé dans le droit du sport, a évoqué la possibilité d’une qualification d’homicide par imprudence : « Potentiellement, ça peut être un homicide par imprudence. »
En Espagne, l’article 142 du Code pénal prévoit une peine d’un à quatre ans d’emprisonnement lorsqu’une personne provoque la mort d’autrui par imprudence grave. Une qualification d’imprudence moins grave peut entraîner des sanctions différentes, notamment une amende.
Pour que le gardien puisse être condamné, la justice devrait démontrer que son comportement constituait une imprudence pénalement répréhensible et que celle-ci avait directement causé le décès de l’attaquant.
La distinction est essentielle dans le football, où les contacts physiques et les collisions font partie des risques de la compétition. Une intervention dangereuse sanctionnée d’un carton rouge ne constitue pas automatiquement une infraction pénale. Les magistrats devront apprécier la nature du geste, les circonstances de l’action et le degré de risque pris par le gardien.
Une enquête judiciaire obligatoire après une mort non naturelle
Le Tribunal supérieur de justice des Canaries a rappelé que les décès de cause non naturelle, y compris les accidents, entraînent l’ouverture d’une enquête judiciaire en Espagne. Cette procédure permet notamment d’établir les causes exactes du décès et de rechercher une éventuelle responsabilité.
Le procureur en chef de Santa Cruz de Tenerife, José Luis Sánchez-Jáuregui, a toutefois estimé que des poursuites pénales étaient peu probables, compte tenu du fait que la collision s’était produite pendant une action de jeu.
Les investigations devront donc permettre de déterminer si le choc ayant provoqué la mort de Jesús de Miguel relève exclusivement d’un accident sportif ou si les conditions d’une infraction pénale sont réunies.
Mbappé, Messi, le Real Madrid et le Barça rendent hommage au joueur disparu
La mort de Jesús de Miguel a provoqué une immense émotion dans le football international. Le CD Tenerife a annoncé la disparition de son attaquant dans un communiqué particulièrement douloureux, exprimant son soutien à la famille du joueur, à ses proches et à l’ensemble de ses coéquipiers.
Le Real Madrid, le FC Barcelone et de nombreux clubs européens ont adressé leurs condoléances. Kylian Mbappé a également rendu un hommage poignant à Jesús de Miguel, en publiant sur Instagram : « Une immense tristesse, il n’y a pas de mots. Repose en paix. »
Lionel Messi a lui aussi exprimé sa tristesse et présenté ses condoléances à la famille du joueur. Gerard Piqué, propriétaire du FC Andorre, a également réagi à la disparition de l’attaquant espagnol.
La Fédération espagnole de football a reporté plusieurs rencontres de Coupe du Roi, tandis que l’UEFA a annoncé des minutes de silence lors des matchs européens de la semaine.
Le CD Tenerife prévoit un hommage à Jesús de Miguel samedi, dans son stade Heliodoro Rodríguez López. Le corps du footballeur doit être rapatrié à Navahermosa, dans la province de Tolède, conformément aux souhaits de sa famille.









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