MÉDIAS Radio

Barbara Lefebvre, ancienne chroniqueuse des «Grandes Gueules» sur RMC, exclue de l’Éducation nationale pendant un an, dont 6 mois sans salaire

Barbara Lefebvre, ancienne chroniqueuse des «Grandes Gueules» sur RMC, exclue de l’Éducation nationale pendant un an, dont 6 mois sans salaire
Barbara Lefebvre, ancienne chroniqueuse des «Grandes Gueules» sur RMC, exclue de l’Éducation nationale pendant un an, dont 6 mois sans salaire

L’ancienne chroniqueuse des Grandes Gueules sur RMC, Barbara Lefebvre, vient de subir une lourde sanction disciplinaire de l’Éducation nationale. Professeure titulaire d’histoire-géographie dans un collège d’Île-de-France, elle a été exclue temporairement de ses fonctions pour une durée de douze mois, dont six mois avec sursis. Elle devra donc rester six mois sans exercer son métier d’enseignante et sans percevoir son traitement. Une décision qu’elle conteste devant la justice administrative, après avoir déjà été condamnée en première instance pour des propos tenus à la radio.

Sept ans de chroniques sur RMC sans autorisation de sa hiérarchie

Deux griefs sont au cœur de la procédure disciplinaire engagée contre Barbara Lefebvre. Le premier concerne sa participation pendant sept ans à l’émission Les Grandes Gueules, sur RMC, sans avoir obtenu d’autorisation de cumul d’activités auprès de son administration.

L’Éducation nationale considère que cette activité médiatique aurait dû faire l’objet d’une autorisation préalable. L’enseignante conteste cette interprétation et soutient que ses interventions radiophoniques relèvent des activités de l’esprit, dont l’exercice est libre en vertu de l’article L. 123-2 du Code général de la fonction publique.

Le second grief porte sur des déclarations prononcées en avril 2024 à l’antenne de RMC concernant les gens du voyage. Ces propos ont donné lieu à une procédure judiciaire, puis à une condamnation en première instance pour injure publique envers un groupe de personnes en raison de leur appartenance à cette communauté.

Une condamnation à 1.000 euros d’amende qui avait déjà provoqué son éviction temporaire de RMC

Le 15 avril 2026, Barbara Lefebvre a été condamnée à 1.000 euros d’amende par la 17e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris. L’enseignante a fait appel de cette décision, qui n’est donc pas définitive.

Cette condamnation avait également eu des conséquences sur sa carrière médiatique. RMC avait décidé de suspendre temporairement sa participation aux «Grandes Gueules», avant d’annoncer son retour à l’antenne au mois de mai.

Quelques mois auparavant, Barbara Lefebvre avait déjà été convoquée par la direction de RMC après des propos controversés sur Gaza. Ses prises de position politiques et ses interventions régulières dans les médias avaient fait d’elle l’une des chroniqueuses les plus controversées de l’émission.

Le tribunal administratif de Versailles rejette sa demande de suspension de la sanction

La sanction disciplinaire, prononcée par une décision ministérielle du 3 septembre 2026, a été contestée devant le tribunal administratif de Versailles. Barbara Lefebvre a déposé une requête en référé les 16 et 24 septembre pour obtenir la suspension de son exclusion et sa réintégration dans ses fonctions.

Elle a notamment fait valoir que la privation de salaire risquait de la placer dans une situation financière difficile. Elle a également contesté la régularité de la procédure disciplinaire, la qualification des faits reprochés et la proportionnalité de la sanction.

Son argumentation repose notamment sur l’absence de lien, selon elle, entre ses activités médiatiques et son travail d’enseignante. Elle estime également que l’administration a commis une erreur d’appréciation en sanctionnant des déclarations prononcées en dehors de son établissement scolaire.

Le 5 octobre 2026, le juge des référés du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande. Cette décision ne signifie toutefois pas que la sanction a été définitivement validée sur le fond. La procédure principale visant à obtenir son annulation reste distincte du référé.

Barbara Lefebvre dénonce une atteinte à sa liberté d’expression

L’ancienne chroniqueuse considère que la procédure engagée contre elle est liée à ses prises de position publiques. Elle conteste également la manière dont l’administration a apprécié ses activités médiatiques et les propos qui lui sont reprochés.

Dans un entretien diffusé le 8 octobre, elle a dénoncé une situation dans laquelle, selon elle, «la liberté d’expression est à géométrie variable». Elle affirme avoir été prise pour cible en raison de ses opinions et déclare : «Je devais être réduite au silence, carbonisée professionnellement.»

Ces accusations sont contestées dans le cadre du contentieux administratif. Le ministère de l’Éducation nationale défend la légalité de la sanction et considère que les arguments avancés par l’enseignante ne justifient pas sa suspension en urgence.

Une bataille judiciaire qui se poursuit

Le rejet du référé du 5 octobre constitue un premier revers judiciaire pour Barbara Lefebvre, mais il ne met pas fin à son recours. Le tribunal administratif doit encore examiner la légalité de la sanction dans le cadre de la procédure au fond.

Deux procédures doivent ainsi être distinguées : l’appel de sa condamnation pénale pour injure publique et son recours administratif contre son exclusion temporaire de l’Éducation nationale. À ce stade, aucune décision définitive n’a été rendue dans ces deux contentieux.

Barbara Lefebvre reste donc frappée par une exclusion disciplinaire de douze mois, dont six mois avec sursis, tandis que la justice administrative doit encore déterminer si cette sanction respecte les règles applicables aux fonctionnaires et si elle est proportionnée aux faits reprochés.

Partager cet article

Votre actualité, selon vos intérêts

Choisissez les rubriques et la langue de votre newsletter. Vous pourrez modifier vos préférences à tout moment.

Réagir à l’article

Soyez le premier à commenter cet article.

Réagir à cet article

Les commentaires sont modérés. Les messages promotionnels, les envois automatiques et les liens abusifs sont bloqués.

Votre premier commentaire, ou tout message contenant un lien, peut être placé en attente de validation.

Application Entrevue

L’info partout avec vous

Retrouvez l’actualité, les alertes et vos rubriques préférées dans une expérience pensée pour le mobile.

Écran Alertes de l’application Entrevue : les dernières alertes info
Écran de personnalisation des rubriques de l’application Entrevue
Écran Actu de l’application Entrevue : le récit à la une