Ségolène Royal attaque frontalement l’expérience de Raphaël Glucksmann. Dans un entretien accordé à Libération et publié ce dimanche, la candidate à la primaire social-démocrate met en avant son propre parcours gouvernemental et local pour contester la préparation de son concurrent à l’exercice de la fonction présidentielle.
« Pour diriger un pays, il faut déjà avoir un métier. Ou avoir dirigé ne serait-ce qu’une collectivité locale ou une structure étatique et obtenu des résultats concrets positifs », affirme l’ancienne ministre. Elle estime que Raphaël Glucksmann « n’a jamais géré quoi que ce soit » et utilise une comparaison particulièrement offensive : « Vous ne mettez pas un stagiaire à la tête d’une entreprise. »
Royal fait de l’expérience un argument de campagne
Ségolène Royal oppose ainsi son parcours d’ancienne ministre, de présidente de région et de candidate au second tour de l’élection présidentielle de 2007 à celui de l’eurodéputé de Place publique. Elle reproche également à son rival une « méconnaissance du peuple » et cherche à faire de l’expérience exécutive un critère central de la primaire.
Raphaël Glucksmann dispose pour sa part d’une expérience de député européen et de chef de file aux élections européennes, mais n’a effectivement jamais dirigé de gouvernement ou de collectivité territoriale. La conclusion qu’en tire Ségolène Royal sur sa capacité à présider la République relève de son appréciation politique.
La passe d’armes intervient alors que les candidats à la primaire cherchent progressivement à marquer leurs différences, après plusieurs semaines largement consacrées à leurs rapports avec La France insoumise et aux conditions d’un rassemblement de la gauche.

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