La France traverse une année exceptionnelle sur le front des incendies. Environ 98 000 hectares de forêts, de surfaces agricoles et d’espaces naturels ont été parcourus par les flammes depuis janvier, selon le bilan communiqué par l’Office national des forêts. Près de 21 000 départs de feu ont été recensés dans l’Hexagone. Rapportée aux deux dernières décennies, la surface brûlée est environ cinq fois supérieure à la moyenne. L’ONF souligne toutefois que 97 % des départs de feu sont maîtrisés avant d’avoir parcouru dix hectares, signe que la majorité des incendies restent rapidement contenus malgré une saison particulièrement difficile.
La forêt représente à elle seule environ 76 000 hectares brûlés en 2026, un niveau inédit depuis le début des statistiques précises dans les années 1970. La moyenne annuelle des vingt dernières années se situe autour de 12 700 hectares de forêt détruits. Le précédent point de comparaison historique reste 1976, année de sécheresse exceptionnelle durant laquelle au moins 80 000 hectares forestiers avaient brûlé. Dès le mois de juillet, l’ONF signalait une végétation présentant plusieurs semaines d’avance dans son dessèchement : sur une grande partie du territoire, le niveau d’humidité observé à la mi-juillet correspondait déjà habituellement à celui de la mi-août.
Des incendies plus étendus et un risque qui gagne de nouveaux territoires
La saison 2026 a été marquée par plusieurs feux de grande ampleur, notamment dans le sud et le sud-ouest, mais également dans des régions longtemps considérées comme moins exposées. En juillet, les incendies du massif de Fontainebleau ont par exemple touché près de 1 960 hectares. En Gironde, le feu de Saumos a dépassé les dimensions de plusieurs grands incendies récents. La Gendarmerie recensait déjà, à la mi-août, 257 feux de grande ampleur et plus de 75 000 hectares parcourus par les flammes depuis le début de la saison. Sécheresse, fortes chaleurs, végétation desséchée et comportements humains se combinent pour créer des conditions particulièrement favorables aux départs et à la propagation rapide du feu.
Cette évolution modifie profondément la géographie du risque incendie en France. Longtemps concentrée sur le pourtour méditerranéen et la Corse, la menace concerne désormais une grande partie du territoire. L’ONF intervient aujourd’hui dans 86 départements métropolitains au titre de la défense des forêts contre les incendies, contre seulement 15 avant 2022. Les moyens de surveillance et de prévention doivent donc couvrir des surfaces beaucoup plus vastes, tandis que les autorités développent de nouveaux outils, comme la plateforme FireWatch, qui combine images satellites et intelligence artificielle pour détecter et suivre plus rapidement les départs de feu.
L’année 2026 ne se résume toutefois pas à une multiplication des départs de feu. Le nombre très élevé d’incendies maîtrisés rapidement montre que l’efficacité des secours reste déterminante : quelques sinistres seulement suffisent à faire exploser la surface totale lorsqu’ils rencontrent des conditions météorologiques extrêmes. L’enjeu est donc autant de réduire les départs que d’empêcher qu’ils deviennent incontrôlables. Les enquêtes menées après les incendies servent d’ailleurs à identifier leurs causes et à adapter les politiques de prévention, notamment face aux imprudences et aux actes volontaires.

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