Les médicaments à base de fluoxétine 20 mg, dont le Prozac et plusieurs génériques, sont actuellement confrontés à des tensions d’approvisionnement en France. La situation concerne à la fois les gélules et les comprimés dispersibles et touche l’ensemble des laboratoires commercialisant cette molécule, aussi bien en ville qu’à l’hôpital. L’ANSM avait signalé ces difficultés dès le début du mois de septembre et prévoit un retour progressif des approvisionnements industriels à partir de la fin du mois, avec une normalisation attendue dans les pharmacies vers la mi-octobre.
Pour éviter que certains patients se retrouvent sans traitement, l’agence du médicament a demandé aux laboratoires d’augmenter leurs mises à disposition, y compris en mobilisant leurs stocks de sécurité. Un contingentement quantitatif est en vigueur et les grossistes-répartiteurs ne peuvent plus exporter les spécialités concernées afin de préserver le marché français. L’ANSM recommande en parallèle de réserver en priorité les nouveaux traitements aux enfants et adolescents lorsque la fluoxétine est indiquée, afin de sécuriser la continuité des prescriptions déjà en cours. La fluoxétine est utilisée dans les épisodes dépressifs majeurs, certains troubles obsessionnels compulsifs et la boulimie, et fait partie des médicaments considérés comme importants pour la continuité des soins.
Une tension qui s’inscrit dans un problème plus large de disponibilité des médicaments
La difficulté actuelle n’est pas limitée au Prozac lui-même : plusieurs génériques de fluoxétine 20 mg sont simultanément signalés en tension, chez Accord, Biogaran, Sandoz, Teva, Viatris, Zentiva ou encore Zydus. Cette situation réduit les possibilités de substitution habituelles en pharmacie, puisqu’un manque chez un fabricant ne peut pas toujours être compensé par un autre. Elle illustre aussi la fragilité de chaînes d’approvisionnement devenues très dépendantes de quelques sites de production et de fournisseurs de principes actifs. Ces dernières années, d’autres médicaments utilisés en psychiatrie, comme le lithium ou la quétiapine, ont eux aussi connu des perturbations, obligeant parfois les autorités à mettre en place des mesures d’urgence pour éviter les interruptions de traitement.
Pour les patients, l’enjeu principal est de ne pas modifier ou arrêter leur traitement sans avis médical. Un arrêt brutal d’un antidépresseur peut exposer à une rechute ou à des symptômes de sevrage selon la molécule et la situation clinique. Les pharmaciens restent donc en première ligne pour vérifier les disponibilités, proposer un générique lorsque cela est possible et orienter vers le prescripteur si une adaptation s’avère nécessaire. La perspective d’un retour à la normale à la mi-octobre est rassurante, mais cet épisode rappelle que les tensions sur les médicaments psychotropes sont devenues un sujet récurrent en France, avec des conséquences directes pour des patients qui dépendent de traitements pris parfois pendant plusieurs mois ou plusieurs années.

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