Candidat à la primaire de la gauche, Jérôme Guedj a dévoilé sur BFMTV une proposition institutionnelle pour le moins inhabituelle. S’il est élu président de la République en 2027, le député socialiste assure qu’il ne dissoudra pas immédiatement l’Assemblée nationale. Il souhaite conserver les députés élus en 2024 afin de réformer le mode de scrutin et de tenter d’installer une culture du compromis inspirée de l’Allemagne.
« Moi président de la République, je ne dissous pas l’Assemblée nationale », a lancé Jérôme Guedj, non sans faire référence à la célèbre anaphore de François Hollande en 2012. Une décision qu’il justifie par la situation politique du pays : selon lui, le prochain président, s’il n’est pas Marine Le Pen, pourrait être élu grâce à un front républicain sans disposer pour autant d’une majorité cohérente pour appliquer son programme après de nouvelles législatives.
Une dose de proportionnelle inspirée de l’Allemagne
Jérôme Guedj souhaite donc commencer son quinquennat avec l’Assemblée existante et lui demander en priorité de modifier le mode de scrutin. Il propose un système « à l’allemande », associant scrutin majoritaire et une dose de 30 à 40 % de députés élus à la proportionnelle. L’objectif serait de rendre les compromis entre formations politiques non seulement possibles, mais nécessaires.
Le député socialiste estime que les accords électoraux conclus avant les législatives ont trop souvent « cadenassé » les parlementaires, citant notamment la Nupes puis le Nouveau Front populaire à gauche. Avec son système, les partis conserveraient leurs différences mais seraient contraints, en l’absence de majorité, de négocier un véritable programme de législature.
Jérôme Guedj veut appliquer la même méthode au premier budget de son éventuel quinquennat. Il demanderait aux forces présentes à l’Assemblée de rechercher un compromis, tout en conservant la dissolution comme « épée de Damoclès » en cas d’échec. Une manière pour le candidat socialiste de faire de la crise parlementaire actuelle un élément central de son projet présidentiel : plutôt que chercher immédiatement une nouvelle majorité dans les urnes, il veut obliger les forces politiques déjà élues à apprendre à gouverner ensemble.

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