À quelques jours de l’entrée en vigueur de la réforme de la facturation électronique, Sarah Knafo demande au Premier ministre Sébastien Lecornu de suspendre le dispositif. L’eurodéputée Reconquête! invoque la récente cyberattaque ayant touché la Direction générale des Finances publiques et met en cause la capacité de l’État à protéger les données qu’il centralise.
Sarah Knafo veut mettre un coup d’arrêt à la généralisation de la facturation électronique. Ce vendredi 21 août, l’eurodéputée Reconquête! a directement interpellé le Premier ministre Sébastien Lecornu sur X.
« Monsieur @SebLecornu, il faut suspendre immédiatement l’obligation de la facturation électronique et vos travaux sur la vérification d’identité sur internet », écrit-elle. Elle justifie sa demande par les récentes intrusions informatiques ayant visé la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) : « Un État incapable de protéger nos données et qui ne nous dit pas comment il compte s’améliorer n’est pas légitime pour centraliser encore davantage nos informations. »
La cyberattaque de la DGFiP au cœur de son argumentation
L’offensive de Sarah Knafo intervient après la révélation d’une importante fuite de données fiscales. Selon les informations disponibles, l’attaque a permis l’exposition de données concernant environ 678 000 particuliers et professionnels. Le gouvernement a reconnu l’importance de l’incident et une procédure de gestion de crise a été engagée.
La DGFiP indique que les accès illégitimes à son système d’information remontent aux mois de juin et juillet 2026 et qu’ils ont été revendiqués les 12 et 13 août. L’administration précise toutefois que le site impots.gouv.fr ainsi que les espaces personnels et professionnels des usagers n’ont pas été compromis.
Sarah Knafo avait déjà réagi à cette affaire en dénonçant ce qu’elle qualifiait de « scandale d’État ». Elle réclamait notamment des explications de la DGFiP, de l’ANSSI et du gouvernement sur les personnes concernées, les mesures de protection prévues et le délai entre les premières intrusions et leur révélation publique.
L’eurodéputée faisait surtout le rapprochement avec deux chantiers numériques portés par les pouvoirs publics : la vérification de l’identité ou de l’âge sur Internet et la généralisation de la facturation électronique. Pour Sarah Knafo, les failles récemment constatées doivent conduire l’État à revoir sa politique de centralisation des données.
Une réforme qui doit entrer en vigueur le 1er septembre
La demande intervient à un moment particulièrement sensible : les premières obligations liées à la facturation électronique doivent entrer en vigueur le 1er septembre 2026, soit dans quelques jours.
À cette date, toutes les entreprises françaises concernées devront être en mesure de recevoir des factures électroniques. Les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire devront également les émettre sous cette forme et transmettre certaines données de transaction et de paiement à l’administration. Les PME, TPE et microentreprises disposent, elles, d’un délai supplémentaire jusqu’au 1er septembre 2027 pour l’obligation d’émission.
Près de dix millions d’acteurs économiques assujettis à la TVA sont concernés par la réforme. Les factures doivent transiter par des plateformes agréées par l’État, directement ou par l’intermédiaire de solutions compatibles. En janvier dernier, la DGFiP avait annoncé une première liste de 101 plateformes agréées.
Présentée par Bercy comme une réforme destinée à simplifier les échanges, améliorer le suivi des factures et moderniser les relations entre entreprises et administration, la facturation électronique implique également la transmission à l’administration d’un ensemble de données relatives aux transactions.
C’est précisément sur ce point que Sarah Knafo concentre désormais son offensive. À ses yeux, la cyberattaque de la DGFiP remet en cause la capacité de l’État à garantir la sécurité d’un système appelé à traiter les données de millions d’entreprises.
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