Manuel Bompard a rejeté dimanche 4 octobre les accusations du gouvernement, qui reproche à La France insoumise d’avoir attisé puis instrumentalisé la mobilisation lycéenne. Face au ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, dans l’émission « Franc-Jeu », diffusée sur France 2 et France Inter, le coordinateur de LFI a qualifié ces accusations de « ridicules ». « Si quelqu’un est responsable de cette mobilisation, c’est vous », a-t-il lancé à son interlocuteur.
Cet échange prolonge une confrontation engagée depuis plusieurs jours entre l’exécutif et le mouvement insoumis. Jeudi 1er octobre, à l’issue d’une cellule interministérielle de crise, Matignon avait présenté les blocages comme une manœuvre organisée par LFI et des groupes d’ultragauche, en invoquant des constats des services de renseignement. Manuel Bompard avait immédiatement contesté cette lecture, accusant le gouvernement de chercher des responsables politiques pour éviter de répondre aux revendications des élèves.
Deux lectures opposées des origines du mouvement
Pour le coordinateur de LFI, la mobilisation trouve d’abord son origine dans les conditions d’enseignement. Vendredi sur LCI, il avait rappelé les difficultés dénoncées au lycée Saint-Exupéry de Créteil, dans le Val-de-Marne, où le mouvement a commencé : plusieurs enseignants et personnels d’accompagnement manquaient, selon lui. Il défend une mobilisation née de ces problèmes concrets et affirme que son parti appelle à des actions pacifiques.
Le gouvernement insiste, de son côté, sur les violences survenues aux abords de certains établissements : incendies, dégradations et agressions de personnels. Édouard Geffray a décrit un mouvement initialement légitime, mais qui aurait été attisé par LFI avant d’être récupéré par des groupes d’ultragauche. Cette accusation reste contestée par les Insoumis : leur soutien public aux revendications lycéennes ne suffit pas, à lui seul, à établir qu’ils ont organisé les violences.
Des annonces sur les remplacements, une mobilisation maintenue
Après avoir reçu vendredi des représentants des élèves, des parents et des enseignants, le ministre a annoncé un plan pour accélérer les remplacements de professeurs, avec une priorité donnée aux classes préparant des examens. Il a également promis un travail sur la démocratie lycéenne et les rythmes scolaires. Selon son bilan, 735 établissements avaient été perturbés ce jour-là, soit environ 30 % de moins que la veille.
Ces engagements n’ont pas convaincu les organisations lycéennes de mettre fin au mouvement. Tout en se désolidarisant des violences, leurs représentants ont appelé à poursuivre la mobilisation et à participer à une nouvelle journée de rassemblements mardi 6 octobre, avec le soutien de syndicats. Au-delà de l’affrontement entre Manuel Bompard et Édouard Geffray, les remplacements d’enseignants et les moyens accordés aux établissements restent donc au centre des demandes auxquelles le gouvernement doit répondre.

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