Près de quatre ans après l’attaque qui avait bouleversé le monde littéraire, Hadi Matar a été reconnu coupable de plusieurs infractions fédérales liées au terrorisme par un tribunal américain. Le jury l’a déclaré coupable d’avoir commis un acte de terrorisme transnational ainsi que d’avoir apporté un soutien matériel au Hezbollah, une organisation libanaise désignée comme terroriste par les États-Unis. Cette décision s’ajoute à la condamnation prononcée en 2025 par la justice de l’État de New York. Hadi Matar purge déjà une peine de 25 ans de prison pour tentative de meurtre et agression après avoir poignardé Salman Rushdie à plusieurs reprises lors d’une conférence organisée à Chautauqua, dans l’État de New York, le 12 août 2022.
L’accusation s’est appuyée sur la fatwa visant Salman Rushdie
Au cours du procès fédéral, les procureurs ont expliqué que Hadi Matar avait agi en raison de la fatwa lancée en 1989 par l’ayatollah Rouhollah Khomeini après la publication du roman Les Versets sataniques. Selon l’accusation, l’homme partageait également l’idéologie du Hezbollah et avait cherché à répondre à l’appel lancé contre l’écrivain. Après plusieurs heures de délibération, les jurés ont rendu un verdict de culpabilité sur l’ensemble des chefs d’accusation. Hadi Matar encourt désormais une peine pouvant aller jusqu’à la réclusion criminelle à perpétuité. Le jugement sera prononcé le 3 novembre.
Salman Rushdie conserve de lourdes séquelles
Aujourd’hui âgé de 79 ans, Salman Rushdie a témoigné lors de cette procédure. L’écrivain a rappelé avoir perdu l’usage de son œil droit à la suite de l’attaque. Il souffre également de lésions nerveuses permanentes et de graves blessures subies lors des coups de couteau. Malgré ces séquelles, il a repris son activité d’auteur et a publié en 2024 Le Couteau, un livre dans lequel il raconte l’agression, son rétablissement et les conséquences physiques et psychologiques de cette tentative d’assassinat.
Une affaire devenue un symbole de la liberté d’expression
L’attaque contre Salman Rushdie avait suscité une vive émotion dans le monde entier. Depuis la publication des Versets sataniques en 1988, l’écrivain vit sous la menace en raison de la fatwa émise par le régime iranien. La condamnation fédérale de Hadi Matar marque une nouvelle étape judiciaire dans cette affaire, près de quatre ans après l’agression.