Trump reçoit le président libanais Aoun sur fond de pression pour désarmer le Hezbollah
Trump reçoit le président libanais Aoun sur fond de pression pour désarmer le Hezbollah

Joseph Aoun, président du Liban, est reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump. La rencontre intervient alors que Washington et Israël conditionnent tout retrait israélien du sud du Liban au désarmement du Hezbollah pro-iranien.

C’est la première visite d’un président libanais à Washington depuis 2009. Joseph Aoun, élu en janvier 2025 avec le soutien des Occidentaux après avoir commandé l’armée libanaise, entend demander à Donald Trump de faire pression sur Israël pour qu’il se retire du sud du pays. Israël campe sur une position inverse : pas de retrait tant que le Hezbollah n’est pas désarmé, une exigence que partage l’administration américaine.

Le secrétaire d’État Marco Rubio, qui avait rencontré Aoun dimanche, a résumé la position américaine sans ambiguïté : « Tant que ce problème perdurera, le Liban ne connaîtra jamais une paix véritable. » Il a toutefois salué « le courage du gouvernement libanais » pour ses efforts à « rétablir la souveraineté libanaise, désarmer le Hezbollah et démanteler son infrastructure terroriste ».

Les États-Unis parrainent depuis avril des négociations entre Beyrouth et Jérusalem. Lundi, Washington a annoncé le début d’application d’un accord confiant à l’armée libanaise le contrôle de « zones pilotes » dans le Sud, situées en bordure des territoires occupés par l’armée israélienne. Ce mécanisme est prévu par l’accord-cadre signé en juin par les deux pays pour mettre fin à l’état de guerre.

La situation humanitaire reste catastrophique. Depuis la reprise des combats début mars, déclenchée par le Hezbollah en solidarité avec l’Iran, plus de 4 300 personnes ont été tuées dans des frappes massives de l’armée israélienne, qui mène également une offensive terrestre et occupe une large partie du sud du Liban. Les violences ont baissé d’intensité depuis l’ouverture des négociations en avril, mais la fragilité du cessez-le-feu demeure.

Aoun doit aussi solliciter une aide financière substantielle pour l’armée libanaise. En échange, Trump « voudra sans doute obtenir de nouvelles preuves du sérieux des engagements » du président libanais, notamment sur le désarmement du Hezbollah et la révocation d’officiers soupçonnés de collusion avec le mouvement, selon Robert Satloff, directeur exécutif du Washington Institute.

La rencontre pourrait également permettre à Aoun de clore un débat qui agite les chancelleries : Trump a lancé des appels répétés pour autoriser la Syrie à déployer des troupes au Liban afin d’écraser le Hezbollah, une idée que Satloff juge « dangereuse ». Le président syrien Ahmad al-Chareh a pourtant assuré n’avoir aucune intention d’intervenir au Liban. Maha Yehya, directrice du Carnegie Middle East Center, résume les enjeux de la visite : elle « démontre un intérêt continu des États-Unis pour le Liban », mais « soulève de nombreuses inquiétudes quant aux demandes supplémentaires qui pourraient être adressées à Beyrouth ».

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