Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe a qualifié samedi de « crimes de guerre » les attaques iraniennes contre des infrastructures civiles au Koweït, à Bahreïn et en Jordanie. L’Iran, qui riposte aux frappes américaines pour la septième nuit consécutive, menace de passer à une « offensive totale ».
Jasem Mohamed Albudaiwi, secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), a condamné dans un communiqué les attaques iraniennes contre des sites civils dans trois pays membres ou partenaires. « Les actions de l’Iran représentent une escalade extrêmement dangereuse, une grave violation du droit international et de la Charte des Nations unies, ainsi que des crimes de guerre, compte tenu du ciblage délibéré d’infrastructures et installations civiles », a-t-il déclaré.
Au Koweït, les frappes iraniennes ont touché deux centrales électriques et de dessalement d’eau en l’espace de vingt-quatre heures. La Kuwait Petroleum Corporation a signalé d’importants dégâts matériels et plusieurs blessés après que l’une de ses installations pétrolières a été atteinte par ce qu’elle a décrit comme des « attaques iraniennes répétées ». Des incendies se sont déclarés sur deux sites distincts du pays, blessant plusieurs pompiers. L’espace aérien koweïtien a été fermé, contraignant Kuwait Airways à reprogrammer la majorité de ses vols.
À Bahreïn, les défenses aériennes ont intercepté et détruit « plusieurs attaques aériennes iraniennes » samedi matin, selon l’armée bahreïnie. Un journaliste de l’AFP présent à Manama a entendu plusieurs explosions après le déclenchement des sirènes d’alerte à quatre reprises depuis l’aube. En fin d’après-midi, de nouvelles sirènes ont retenti sur le royaume.
La Jordanie a de son côté annoncé avoir abattu dix missiles iraniens visant son territoire. « L’opération d’interception et de destruction n’a entraîné aucune victime humaine ni aucun dégât matériel », a précisé un responsable de l’état-major jordanien.
Ces représailles iraniennes font suite à la septième nuit consécutive de frappes américaines sur l’Iran. Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué avoir visé « des sites de surveillance, des infrastructures logistiques militaires, des dépôts souterrains d’armes et des moyens maritimes ». Les autorités de la province d’Hormozgan, dans le sud du pays, ont annoncé au moins trois morts et huit blessés.
Dans le détroit d’Ormuz, les Gardiens de la Révolution ont affirmé que deux pétroliers avaient « explosé et pris feu » en traversant une zone minée, et que quatre autres navires avaient été « stoppés » par des missiles et des drones. Washington a démenti ces affirmations. Téhéran a par ailleurs revendiqué des attaques contre deux pétroliers dans le détroit.
Mohsen Rezaï, conseiller militaire du guide suprême iranien, a prévenu que l’Iran entrerait dans « une phase d’offensive totale » si les frappes américaines se poursuivaient au-delà de « deux-trois jours ». « Aucune frontière ne sera à l’abri », a-t-il ajouté, cité par la télévision d’État iranienne.
Sur le front libanais, le Hezbollah pro-iranien a organisé des funérailles collectives pour une quarantaine de combattants tués dans son conflit avec Israël, dans un village du sud du Liban proche d’une zone occupée par les forces israéliennes. Le président libanais Joseph Aoun a quitté Beyrouth pour Washington, où il doit rencontrer Donald Trump le 21 juillet, notamment pour évoquer le retrait israélien des territoires libanais occupés et la consolidation du cessez-le-feu.
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