Réunie à Busan, en Corée du Sud, la 48e session du comité du patrimoine mondial de l’Unesco a placé mercredi les sites antiques de Tyr, dans le sud du Liban, sur sa liste du patrimoine mondial en péril, invoquant les dommages causés par les bombardements israéliens.
La décision est tombée le 22 juillet : l’Unesco a officiellement inscrit Tyr sur sa liste du patrimoine mondial en péril. L’organisation onusienne, qui tient actuellement sa 48e session du comité du patrimoine mondial à Busan, en Corée du Sud, a justifié cette inscription par les dommages subis par le site et par la menace de nouvelles frappes.
« Le site a été directement touché et a subi des dommages. Par ailleurs, son état de conservation suscite une inquiétude croissante, notamment face à la possibilité de nouveaux impacts », indique l’organisation dans une note officielle. Elle précise que « les conditions optimales ne sont plus réunies pour assurer la conservation et la protection de la valeur universelle exceptionnelle du bien ».
La demande d’inscription émanait de l’État libanais lui-même. Située sur la côte méditerranéenne, à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec Israël, Tyr est l’une des plus anciennes cités phéniciennes du bassin méditerranéen. La ville est visée par des frappes israéliennes depuis le début de la guerre contre le Hezbollah pro-iranien, le 2 mars. Des dizaines de milliers d’habitants avaient fui après des appels à évacuer lancés par l’armée israélienne ; beaucoup sont depuis revenus.
Tyr possède deux sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco, dont des vestiges de l’Empire romain, un arc de triomphe et un hippodrome datant du IIe siècle. L’un d’eux avait été endommagé en juin par une frappe israélienne, selon le ministre libanais de la Culture, Ghassan Salamé, qui s’est félicité mercredi de la décision de l’organisation.
Ghassan Salamé avait alors accusé Israël de ne pas respecter la Convention de La Haye, qui oblige les belligérants à préserver les biens culturels en cas de conflit armé, ni les « Boucliers bleus », un emblème symbolique mis en place par un comité lié à l’Unesco pour protéger le site. Le ministre a rappelé que Tyr revêtait « une grande importance dans l’histoire d’une région actuellement en proie aux conflits ».
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