Les rebelles houthis du Yémen affirment ne pas avoir fermé le détroit de Bab al-Mandeb, précisant que leur blocus ne vise que les navires saoudiens. Pendant ce temps, les États-Unis ont frappé l’Iran pour la treizième nuit consécutive, tandis que Donald Trump assure que Téhéran se montre « de plus en plus sérieux » dans les discussions en cours.
Le porte-parole houthi Mohammed Abdusalam a publié sur X que « il n’y a pas de fermeture de Bab al-Mandeb comme certains le suggèrent », précisant que le mouvement mène un « blocus naval ciblant uniquement la partie saoudienne ». Les Houthis justifient cette mesure par ce qu’ils décrivent comme un siège saoudien des zones qu’ils contrôlent au Yémen.
Le détroit de Bab al-Mandeb relie la mer Rouge au golfe d’Aden et à l’océan Indien. Il constitue un axe de transit crucial pour les exportations de brut saoudien, d’autant que l’insécurité dans le détroit d’Ormuz a déjà contraint Riyad à rediriger une partie de ses exportations vers le port occidental de Yanbu. Les prix du pétrole ont temporairement dépassé les 100 dollars le baril pour la première fois depuis mai, sous l’effet conjugué des tensions dans les deux détroits.
L’Arabie saoudite a riposté en frappant Hodeïda, ville portuaire contrôlée par les Houthis, selon la chaîne Al-Masirah, proche du mouvement rebelle. Des frappes aériennes auraient visé des installations de l’autorité des télécommunications, ainsi que l’île de Kamaran en mer Rouge, également sous contrôle houthi. L’agence officielle saoudienne SPA a de son côté signalé qu’un navire saoudien avait de nouveau été pris pour cible vendredi, subissant « de légères dommages à la coque ».
La mission navale européenne ASPIDES a relevé son niveau de menace dans le détroit de Bab al-Mandeb pour les navires marchands, jugeant le risque d’escalade élevé.
Sur le front irano-américain, les États-Unis ont conduit leur treizième nuit consécutive de frappes contre l’Iran. Le Commandement central américain indique avoir ciblé des capacités militaires menaçant la navigation commerciale. Téhéran a confirmé qu’une base des Gardiens de la révolution (CGRI) dans la province de Gilan, au nord du pays, a été touchée. Selon le gouverneur adjoint de la province, Ali Bagheri, « aucune victime humaine n’a été signalée pour l’instant ». Des frappes nocturnes sur la province de Khuzestan, dans le sud-ouest, ont en revanche fait au moins quatre morts et cinq blessés, selon l’agence officielle IRNA.
À Bahreïn, des sirènes d’alerte ont retenti tôt vendredi matin, invitant la population à se mettre à l’abri, quelques heures après l’annonce américaine d’une nouvelle série de frappes.
Donald Trump, interrogé à la Maison-Blanche sur d’éventuelles frappes massives imminentes contre l’Iran, a répondu qu’il n’avait pris aucune décision en ce sens. « Nous leur parlons en ce moment. Je pense qu’ils deviennent de plus en plus sérieux au fil des jours », a-t-il déclaré. Les autorités iraniennes n’ont pas confirmé l’existence de discussions avec Washington. Un accord de cessez-le-feu avait échoué le 8 juillet.
Sur Truth Social, Trump a affirmé que les présidents Xi Jinping et Vladimir Poutine lui ont personnellement garanti que leurs pays ne livreraient pas d’armes à l’Iran. « Je le crois sur parole », a-t-il écrit au sujet du dirigeant chinois. Des services de renseignement américains enquêtent néanmoins, selon Reuters, sur une éventuelle aide russe à l’Iran pour cibler des installations de la CIA au Moyen-Orient. La Chine a démenti tout transfert d’armes vers Téhéran.
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, en marge du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai au Kirghizistan, a averti que tout pays apportant son concours aux frappes américaines engagerait sa « responsabilité internationale » et deviendrait une « cible légitime » des forces iraniennes.
Des explosions ont par ailleurs été entendues près de l’aéroport d’Irbil, capitale de la région autonome kurde d’Irak, vendredi matin. Un journaliste de l’Associated Press a dénombré au moins sept détonations et observé quatre colonnes de fumée noire près d’une base militaire accueillant des forces américaines. Un drone s’est écrasé à proximité de l’aéroport, entraînant une suspension temporaire des vols.
En Cisjordanie occupée, l’armée israélienne a tué quatre Palestiniens lors d’affrontements près du village de Tell, au sud-ouest de Naplouse. Deux Israéliens ont également perdu la vie. Selon le chef du conseil municipal de Tell, Walid Zidan, des colons israéliens armés ont pénétré dans le village, avant que soldats et colons n’ouvrent le feu sur les habitants. L’armée israélienne soutient que ses ressortissants randonnaient dans la zone et ont été attaqués. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a promis d’« agir avec toute la force nécessaire contre les terroristes ».
L’ONU a appelé les parties au conflit à faciliter le rapatriement d’environ 6 000 marins bloqués sur des navires dans le détroit d’Ormuz. Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme Volker Türk a réclamé une assistance consulaire d’urgence et la garantie d’un passage sûr. Son porte-parole a précisé que 17 membres d’équipage ont été tués depuis le début du conflit fin février, et qu’au moins 93 autres marins, à bord de neuf navires, ont été abandonnés en mer par leurs armateurs, sans nourriture, eau, carburant ni soins médicaux.
Communauté
Commentaires
Écrire un commentaire
Soyez le premier à commenter cet article.