L’armée américaine a frappé l’Iran pour la onzième nuit consécutive, ciblant des infrastructures militaires et maritimes. Le ministre de la Défense Pete Hegseth chiffre désormais le coût total de la guerre à 37,5 milliards de dollars jusqu’à fin septembre, soit une hausse de près de 30 % par rapport à la précédente estimation.
Les frappes ont débuté à 23 h GMT dans la nuit de mardi à mercredi. Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a précisé qu’elles visaient « des centres d’opérations militaires iraniens, des capacités maritimes, des hangars d’aéronefs, des installations de stockage de drones ainsi que des infrastructures logistiques militaires ». Objectif affiché : « continuer à affaiblir la capacité de l’Iran à menacer le trafic maritime commercial dans le détroit d’Ormuz ».
La défense antiaérienne iranienne a été activée à Téhéran peu après le début des frappes, selon la télévision d’État. Des explosions ont été signalées à Bouchehr, dans le sud-ouest du pays, où se trouve la seule centrale nucléaire civile en fonctionnement, ainsi que dans le nord-ouest et le sud de l’Iran. L’armée du Koweït a de son côté annoncé avoir intercepté des « drones hostiles » dans la même nuit.
L’armée iranienne a affirmé avoir ciblé la base d’Al-Azraq en Jordanie et la base aérienne de Sheikh Isa à Bahreïn. Le commandement des forces armées iraniennes, Khatam al-Anbiya, a averti que l’Iran frapperait « tous les intérêts américains et de leurs alliés au Proche-Orient » si Donald Trump mettait à exécution sa menace d’attaquer un complexe nucléaire souterrain secret dans la montagne Kolang, au centre du pays. Le président américain avait déclaré, peu avant le début des frappes, que « nous n’en avons pas fini du tout ».
Sur le plan financier, Pete Hegseth a estimé devant une commission du Sénat que la guerre coûterait 37,5 milliards de dollars aux États-Unis jusqu’à fin septembre, contre 29 milliards lors de la dernière évaluation. En France, le Premier ministre Sébastien Lecornu a alerté sur les répercussions économiques du conflit, évoquant dans une interview à Paris Match des conséquences « considérables » sur les prix de l’énergie en 2026 et un surcoût pour les forces armées françaises déployées dans le Golfe.
Le secrétaire d’État Marco Rubio, en marge d’une réunion de l’ASEAN à Manille, a réaffirmé la disponibilité de Washington à négocier avec Téhéran, tout en posant ses conditions. « S’ils sont sérieux, nous sommes sérieux. S’ils ne le sont pas, alors nous ferons le nécessaire pour protéger nos intérêts et ceux de nos alliés », a-t-il déclaré. Il a mis en garde contre le risque de laisser un État contrôler une voie maritime internationale, estimant qu’un tel précédent au détroit d’Ormuz pourrait se reproduire « dans d’autres parties du monde ».
Par ailleurs, l’Iran a exécuté Mehdi Khaneki, un homme arrêté lors des manifestations de janvier, selon l’agence de presse judiciaire Mizan. Il était accusé d’avoir mené des « actions opérationnelles » au profit d’Israël, des États-Unis et de groupes hostiles, et d’avoir fabriqué et détenu des armes.
Sur un autre front diplomatique, le président libanais Joseph Aoun a été reçu à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a annoncé la reprise des vols commerciaux directs entre les États-Unis et le Liban, suspendus depuis plus de quarante ans. Une cérémonie d’hommage aux soldats américains tués dans des attaques iraniennes au Moyen-Orient est prévue ce mercredi à 15 h GMT sur la base aérienne de Dover, dans le Delaware.

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