Le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth a révélé devant le Sénat que la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran avait coûté 37,5 milliards de dollars à ce jour, soit 8 milliards de plus que l’estimation officielle publiée en mai.
C’est lors d’une audition devant la commission des crédits du Sénat, mardi, que Pete Hegseth a livré ce chiffre. Interrogé par le sénateur démocrate Dick Durbin, il a déclaré : « L’estimation dont nous disposons à ce jour est de 37,5 milliards de dollars. » Le secrétaire à la Défense a précisé que ce montant intègre certains coûts opérationnels et de maintenance courant jusqu’à fin septembre, sans entrer dans les détails.
Ce total marque une hausse sensible par rapport aux 29 milliards de dollars avancés par l’administration Trump en mai. Il reste toutefois très inférieur aux évaluations indépendantes : Moody’s Analytics estime à jusqu’à 150 milliards de dollars le coût domestique du conflit pour les États-Unis, en tenant compte notamment de la hausse des prix de l’énergie.
Hegseth comparaissait aux côtés du président de l’état-major interarmées Dan Caine pour défendre une demande budgétaire globale de 1 500 milliards de dollars, dont près de 70 milliards dédiés à la guerre contre l’Iran. La sénatrice démocrate Patty Murray a vivement contesté l’ampleur de cette requête, qui englobe aussi le déploiement de la Garde nationale à Washington, des opérations contre le trafic de drogue dans les Caraïbes et des patrouilles militaires à la frontière américaine. « Je vais être franche, a-t-elle dit. La vérité, c’est que votre demande n’a pas beaucoup de sens. »
Le chef du Pentagone a par ailleurs alerté sur les tensions pesant sur les stocks d’armements américains depuis le déclenchement du conflit, le 28 février. Il a réclamé des financements pour « étendre les lignes de production et accélérer la livraison de munitions très demandées », citant les moteurs de fusées à propergol solide, les kits JDAM, les armes hypersoniques et les capacités anti-drones. Sans budget supplémentaire, a-t-il averti, « la formation devra être réduite ».
L’audition se tenait alors que les combats reprennent de plus belle après l’effondrement, la semaine dernière, d’un mémorandum d’entente qui avait suspendu les attaques depuis le 17 juin. Lundi, à la veille d’une dixième nuit consécutive de frappes américaines, Donald Trump a promis que l’Iran « paierait » après la mort de deux soldats américains supplémentaires durant le week-end. Le président a également menacé de viser des centrales électriques et des ponts iraniens, d’envoyer des forces terrestres s’emparer de l’île de Kharg et de bombarder un site nucléaire souterrain connu sous le nom de Pickaxe Mountain.
L’Iran a de son côté promis de continuer à frapper les actifs américains dans la région. Les dernières attaques ont touché des usines de dessalement et des centrales électriques au Koweït, ainsi que des sites au Bahreïn et en Jordanie. Les Houthis du Yémen, alliés proches de Téhéran, ont quant à eux déclaré un blocus maritime contre l’Arabie saoudite.
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