Le parquet national antiterroriste a ouvert le 1er juillet une enquête préliminaire pour tortures, à la suite des plaintes de deux personnes présentes sur la flottille Sumud, interceptée par Israël en octobre 2025. Parmi elles, la députée LFI Marie Mesmeur, qui décrit quatre jours de détention marqués par des violences physiques et des privations.
L’annonce est tombée mardi 21 juillet : le parquet national antiterroriste (Pnat) a confirmé avoir ouvert une enquête préliminaire « du chef de tortures au sens de la convention de New York » du 10 décembre 1984, pour des faits présumés survenus « entre le 1er octobre et le 7 octobre 2025 ». Les investigations ont été confiées à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité (OCLCH).
Cette procédure fait suite aux plaintes de deux personnes ayant participé à la flottille Sumud, interceptée par les forces israéliennes en Méditerranée avant d’être escortée jusqu’au port d’Ashdod. L’une des plaignantes est Marie Mesmeur, députée La France insoumise d’Ille-et-Vilaine, qui dit avoir passé près de vingt-quatre heures retenue à bord du navire, puis quatre jours en détention en Israël.
L’élue décrit des conditions qu’elle qualifie de dégradantes : privations « de nourriture, d’eau, de soins », diffusion en boucle d’images et de musique liées à l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 dans la cour de la prison, et une banderole représentant « Gaza rasé » accompagnée de la mention « Nouveau Gaza » en arabe. Elle affirme également qu’Itamar Ben Gvir, ministre israélien de la Sécurité nationale, s’est présenté en les traitant de « terroristes » et de « tueurs d’enfants ».
Sur le plan physique, Marie Mesmeur assure avoir reçu plusieurs coups en tentant de protéger une autre détenue. « J’ai eu 10 jours d’ITT à cause d’une côte fêlée et des bleus, des hématomes, du fait des agissements des gardiens israéliens », déclare-t-elle à l’AFP, précisant être allée porter plainte « le jour même » de son retour en France.
Son avocat, Me Raphaël Kempf, réclame la désignation d’un juge d’instruction. « Les crimes dont a été victime Marie Mesmeur sont graves et ne doivent pas rester impunis. Elle a été arrêtée en haute mer et conduite en Israël où elle a été emprisonnée de façon parfaitement illégale », a-t-il déclaré. Les plaignants demandent à la justice de remonter la chaîne des responsabilités, citant notamment le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Ben Gvir.
Cette nouvelle enquête s’ajoute à une première procédure ouverte début juin par le Pnat, pour tortures et crimes de guerre, après un signalement du Quai d’Orsay concernant le traitement réservé à des ressortissants français d’une autre flottille interceptée en mai 2026. À cette occasion, Ben Gvir avait publié une vidéo montrant des militants agenouillés et mains liées, provoquant une vague de condamnations internationales. Il a depuis été interdit de séjour en France et en Irlande.
Les autorités militaires et pénitentiaires israéliennes ont rejeté l’ensemble de ces accusations. La France n’est pas seule à avoir engagé des poursuites : l’Italie a ouvert une enquête similaire, tandis que l’Australie a annoncé une enquête indépendante. Jean-Luc Mélenchon a salué sur X « un acquis important pour la lutte et pour l’image de la France ».
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