Donald Trump a annoncé son intention de mobiliser les fonds iraniens détenus par Washington pour indemniser les dommages subis par des navires dans le détroit d’Ormuz. Téhéran a qualifié cette menace de « précédent incendiaire » et lancé une nouvelle vague d’attaques de drones contre des bases américaines.
Sur sa plateforme Truth Social, le président américain a écrit jeudi que les dommages causés aux navires et à leurs cargaisons dans le détroit d’Ormuz seraient couverts par « l’argent iranien que les États-Unis ont en leur possession et contrôlent ». « Ces dommages pourraient être très substantiels, mais c’est néanmoins la chose juste et équitable à faire », a-t-il ajouté.
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a répondu vendredi matin sur X, estimant que saisir les avoirs d’un pays pour « payer des réclamations futures sans lien direct » constitue « un précédent incendiaire ». « Ceux qui se réjouissent ou profitent de ces fonds doivent se souvenir : une fois que les gouvernements normalisent la confiscation, les avoirs de personne ne sont en sécurité. Le chaos qui s’ensuivra ne sera ni beau ni pacifique », a-t-il prévenu.
La question des avoirs gelés figurait parmi les sujets abordés dans le mémorandum d’accord signé en juin entre Washington et Téhéran, depuis effondré. Les États-Unis ont commencé à geler les fonds iraniens en 1979, après la prise en otage de ressortissants américains à l’ambassade de Téhéran. Le montant exact de ces avoirs reste inconnu, mais certaines estimations le situent autour de 100 milliards de dollars.
La nuit de jeudi à vendredi a marqué le treizième raid américain consécutif contre l’Iran. Trump a par ailleurs évoqué la possibilité d’une « attaque massive », « plus grande que jamais », contre le pays. Il a également promis « une punition militaire majeure » à l’Iran et à ses alliés houthis après que ces derniers ont frappé deux pétroliers saoudiens en mer Rouge.
L’armée iranienne a répliqué vendredi matin en annonçant, via l’agence d’État Mehr, une nouvelle salve d’attaques de drones contre des installations militaires américaines au Bahreïn et en Jordanie. Dans ce contexte de tensions croissantes depuis début juillet, les données de suivi maritime indiquent qu’un seul pétrolier a traversé le détroit d’Ormuz jeudi, soit le niveau le plus bas enregistré depuis le 7 mai.
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