Le cinéaste et rappeur marocain El Mahdi Lyoubi, également connu sous le nom de scène Mehdi Black Wind, est entendu ce mercredi 22 juillet par la justice de Casablanca pour outrage à une institution constitutionnelle, après dix jours de détention à la prison d’Oukacha. Son arrestation, le 13 juillet, a déclenché une vague de soutien dépassant largement les frontières du royaume.
Une arrestation liée au mouvement GenZ 212 selon ses proches
Selon son comité de soutien, les poursuites visant l’artiste, installé en France depuis 2017, seraient directement liées à ses prises de position en faveur du mouvement GenZ 212, un collectif de jeunes Marocains qui dénonce la corruption, le chômage et l’état des services publics. Human Rights Watch rappelle que ce mouvement avait été à l’origine de manifestations réprimées avec violence en 2025, ayant fait trois morts et plusieurs centaines d’arrestations.
Illia, membre du comité de soutien et proche du rappeur, dénonce auprès de franceinfo une arrestation arbitraire et un manque de transparence sur les charges retenues contre lui, évoquant plus de mille manifestants arrêtés au total, dont près de 600 seraient toujours emprisonnés.
Une tribune signée par des figures du rap francophone
Une tribune de soutien a été signée par plusieurs artistes reconnus, parmi lesquels Imhotep, compositeur du groupe IAM, le réalisateur marocain Faouzi Bensaïdi et le rappeur franco-algérien Fianso, qui dénoncent une répression grandissante de la création artistique au Maroc. Des rassemblements de soutien sont annoncés à Casablanca, Marseille, Genève, Paris, Amsterdam et en Bretagne.
Révélé dans le sillage du Printemps arabe au début des années 2010, El Mahdi Lyoubi s’était fait connaître au sein du collectif L’Bassline pour des textes engagés dénonçant les injustices sociales, dans la lignée d’une scène rap marocaine historiquement marquée par la critique politique.
Communauté
Commentaires
Écrire un commentaire
Soyez le premier à commenter cet article.