La rencontre est fixée à 9 h 30 heure locale (13 h 30 GMT). Volodymyr Zelensky arrive à la Maison Blanche avec un objectif clair : obtenir des garanties de soutien américain face à la Russie, plus de quatre ans après le début de l’invasion. « Nous nous préparons à une rencontre avec le président des États-Unis et son équipe », a déclaré le dirigeant ukrainien, disant espérer que Washington « continuera à soutenir l’Ukraine et que nous pourrons mettre fin à cette guerre par une paix digne ».
La visite se tient le jour même de l’hommage rendu au sénateur Lindsey Graham, mort le 11 juillet à 71 ans, qui fut l’un des défenseurs les plus constants de la cause ukrainienne au Congrès américain.
Le chemin parcouru depuis février 2025 est considérable. À l’époque, les deux présidents s’étaient affrontés publiquement dans le Bureau ovale, Trump accusant Zelensky d’ingratitude et de « jouer avec la Troisième Guerre mondiale ». Depuis, le ton a radicalement changé. Lors de leur dernier entretien début juillet en Turquie, Trump avait salué le travail « formidable » de son homologue ukrainien et évoqué la possibilité d’autoriser l’Ukraine à produire elle-même des missiles antiaériens Patriot, dont elle manque cruellement pour contrer les frappes russes.
Des signaux venus de la sphère MAGA confirment ce réchauffement : des influenceurs proches de Donald Trump comme Laura Loomer et Tim Pool, longtemps hostiles à toute aide à Kiev, ont récemment affiché leur soutien à l’Ukraine.
Sur le terrain militaire, la situation reste tendue des deux côtés. Dans la nuit de lundi à mardi, plus de 390 drones ukrainiens ont visé la région de Moscou, selon le maire de la capitale russe, causant des dégâts sur quelques habitations. La Russie, de son côté, poursuit ses bombardements massifs et frappe à répétition le port d’Odessa, paralysant les exportations agricoles maritimes ukrainiennes. Ces dernières semaines, Kiev a multiplié les attaques contre des raffineries, des dépôts pétroliers et des entrepôts du géant de l’e-commerce Wildberries, provoquant une crise du carburant en Russie.
Depuis son retour au pouvoir, Trump a largement suspendu les livraisons directes d’armes américaines à Kiev, leur substituant le programme PURL, qui permet aux Européens d’acheter du matériel pour le transférer ensuite à l’Ukraine. Washington maintient toutefois un soutien en renseignement et l’accès au réseau Starlink, indispensable aux communications de l’armée ukrainienne sur le front.
La semaine dernière, Zelensky avait rencontré les émissaires de Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, pour tenter de « redynamiser la diplomatie » à l’arrêt depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient fin février. Les précédentes tentatives de médiation américaine avaient achoppé sur la question des territoires ukrainiens revendiqués par Moscou.
Les relations russo-américaines se sont elles-mêmes dégradées. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a démenti lundi l’existence de discussions sur un cessez-le-feu dans les airs. À Manille la semaine dernière, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a mis en garde son homologue américain Marco Rubio contre la poursuite des livraisons d’armes à l’Ukraine, lors d’une réunion qui n’a duré qu’une trentaine de minutes. Rubio a réaffirmé la volonté de Washington de jouer un rôle « constructif » pour mettre fin au conflit, sans se montrer réceptif aux propositions russes. Le dernier entretien téléphonique entre Vladimir Poutine et Donald Trump remonte au 5 juillet.
Communauté
Commentaires
Écrire un commentaire
Soyez le premier à commenter cet article.