Le cessez-le-feu localisé qui avait permis l’évacuation de civils de la ville occupée d’Oleshky a expiré dimanche soir. Dans le même temps, des frappes russes ont privé des centaines de milliers de foyers ukrainiens d’électricité.
La trêve humanitaire qui s’était instaurée dans la région de Kherson, en première ligne du conflit, a pris fin dimanche à 22h59, heure ukrainienne. Négociée avec le concours de la Première dame américaine Melania Trump et du pape Léon, cette pause dans les combats avait débuté mardi dernier et avait permis aux habitants d’Oleshky, ville occupée par la Russie depuis les premiers jours de l’invasion de février 2022, de fuir si ils le souhaitaient.
Enclavée entre le fleuve Dniepr et les positions russes, avec des routes minées et exposées aux attaques de drones, Oleshky vivait dans un dénuement extrême. Ses habitants, privés de nourriture, d’eau et d’électricité, en étaient réduits à cuisiner des mauvaises herbes pour survivre. Les évacués ont dû traverser le territoire occupé par la Russie, puis rejoindre le Bélarus par avion, avant d’être acheminés par voie terrestre jusqu’à la frontière nord de l’Ukraine. Parmi eux, le plus âgé avait 94 ans, le plus jeune un an, selon le médiateur ukrainien aux droits de l’homme, Dmytro Lubinets. Des scènes de retrouvailles émouvantes ont marqué le week-end, certaines familles ne s’étant pas vues depuis des années.
Si la trêve avait tenu dans la région concernée, les combats n’avaient pas cessé ailleurs. Dans la nuit de samedi à dimanche, des frappes russes ont visé des infrastructures énergétiques dans quatre régions du pays, laissant des centaines de milliers de foyers sans électricité, a indiqué le président Volodymyr Zelensky. Dans la région de Dnipropetrovsk, la majorité des abonnés avaient retrouvé le courant en début de soirée, mais plus de 60 000 personnes en étaient encore privées. Des coupures d’urgence ont été instaurées sur l’ensemble du territoire, y compris à Kiev, où l’électricité est interrompue la majeure partie de la journée et où l’approvisionnement en eau est également perturbé.
Une frappe nocturne distincte a coûté la vie à deux personnes dans la région de Vinnytsia, dont une fillette de 13 ans, selon les services ukrainiens de secours d’urgence. En réponse, l’Ukraine a frappé un important site de production de carburant pour missiles dans la région russe de Rostov, provoquant un incendie et endommageant quatre installations de production, a précisé Zelensky.
Le président ukrainien a qualifié l’intensité des frappes russes d’« extrêmement élevée » au cours de la semaine écoulée, estimant que Moscou cherchait à « tirer le maximum de profit de la pénurie d’intercepteurs de missiles balistiques ». Il a réitéré son appel aux États-Unis, à l’Europe et à leurs partenaires pour obtenir des livraisons urgentes de missiles Patriot, qu’il décrit comme le seul système capable d’abattre efficacement les missiles balistiques russes.
La soirée a également été marquée par un incident cybernétique : le système d’alerte aérienne ukrainien a apparemment été piraté, diffusant un faux message faisant état d’une menace radiologique au-dessus de Kiev. L’armée de l’air ukrainienne a rapidement démenti, précisant qu’il n’existait « aucune menace radiologique » et appelant la population à rester calme.









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