Washington et la Virginie ont déposé conjointement une plainte pour bloquer la construction d’un arc de triomphe monumental voulu par Donald Trump près du cimetière national d’Arlington. Le projet, présenté comme une priorité par la Maison-Blanche, pourrait démarrer dès la semaine prochaine.
La capitale fédérale et l’État voisin de Virginie ont uni leurs forces juridiques pour tenter d’empêcher l’érection d’un arc de triomphe colossal que Donald Trump entend faire construire au bord du Potomac, à proximité immédiate du cimetière militaire d’Arlington. La plainte déposée samedi qualifie le projet de « manifestement illégal » et « juridiquement indéfendable », et demande à la justice fédérale d’interdire tout commencement des travaux.
Les procureurs généraux Brian Schwalb pour le District de Columbia et Jay Jones pour la Virginie soulignent dans leur recours que l’administration a pris l’habitude de lancer des chantiers à grande vitesse pour rendre toute intervention judiciaire inopérante. Ils redoutent que la Maison-Blanche n’invoque, une fois les pelleteuses en action, un impératif de sécurité nationale pour s’opposer à toute suspension des travaux, comme elle l’a fait par le passé sur d’autres dossiers controversés.
Ce recours est le troisième du genre. Un premier avait été déposé en février par un groupe d’anciens combattants de la guerre du Vietnam et un historien de l’architecture. Le comté d’Arlington avait ensuite engagé sa propre action en justice début octobre, faisant valoir les nuisances pour ses habitants et les perturbations probables des couloirs aériens environnants. La juge fédérale Tanya Chutkan, qui supervise la première affaire, a indiqué vendredi qu’elle rendrait rapidement une décision sur une éventuelle injonction préliminaire, après avoir déjà exigé d’être prévenue 48 heures à l’avance de tout acte préparatoire aux travaux.
Le monument projeté n’a rien d’une construction discrète. Selon un dossier de 106 pages dévoilé vendredi par l’administration, la structure atteindrait 76 mètres de hauteur, soit 30 mètres de plus que la Statue de la Liberté. Sur douze niveaux, elle accueillerait deux mezzanines, un belvédère panoramique, des bureaux et un centre de commandement incendie. Une statue en bronze ailée de la Liberté brandissant une flamme éternelle couronnerait l’ensemble. Trump a par ailleurs évoqué la vocation militaire du site, qui pourrait abriter des tireurs d’élite et des capacités de drones.
Les plaignants insistent sur les conséquences concrètes d’un chantier estimé à trois ans : déviation du trafic vers des axes secondaires, ralentissement des véhicules de secours et rejets polluants, notamment des eaux de ruissellement dans le Potomac. La plainte réclame que l’administration obtienne une autorisation du Congrès avant de pouvoir engager les travaux.
Le projet a déjà reçu l’aval de la Commission des beaux-arts des États-Unis, dont tous les membres ont été nommés par Trump. La Maison-Blanche indique que la première pierre pourrait être posée aux alentours du 5 novembre.









Réagir à l’article
Soyez le premier à commenter cet article.