Le juge fédéral américain Alvin Hellerstein, qui présidait notamment la procédure contre l’ancien président vénézuélien Nicolas Maduro, est décédé mercredi 28 octobre à l’âge de 92 ans. Sa disparition soulève des questions sur la suite d’un dossier judiciaire à fort retentissement international.
Le tribunal fédéral de Manhattan a confirmé le décès d’Alvin Hellerstein, survenu mercredi. Né en 1933 à New York, ce diplômé de l’université Columbia avait débuté sa carrière comme avocat militaire à la fin des années 1950, avant de rejoindre le barreau privé pendant près de quatre décennies. C’est sous la présidence de Bill Clinton qu’il avait accédé à la magistrature fédérale, en 1998.
Parmi les juges fédéraux les plus âgés des États-Unis, Hellerstein avait vu sa capacité à mener à son terme le procès de Nicolas Maduro faire l’objet de doutes croissants. Lors d’une audience récente, il était apparu visiblement épuisé, s’exprimant par moments avec difficulté. L’ancien chef d’État vénézuélien, 63 ans, et son épouse Cilia Flores, 70 ans, sont détenus depuis leur capture par l’armée américaine au début de l’année dans une prison de Brooklyn. Ils sont poursuivis pour trafic de drogue et torture.
Le dossier vénézuélien occupait une place centrale dans les dernières années d’activité du magistrat. Il avait déjà condamné, en 2024, l’ancien général Cliver Alcala à plus de vingt ans de prison dans ce même cadre. La sentence de Hugo Carvajal, ex-chef du renseignement militaire sous Hugo Chavez, qui a plaidé coupable de trafic de drogue, restait quant à elle en attente.
La carrière d’Hellerstein déborde largement le seul dossier vénézuélien. Il avait statué dans de nombreuses procédures civiles liées aux attentats du 11-Septembre, ainsi que dans des affaires portant sur le traitement de détenus par la CIA ou sur des sévices commis dans des prisons militaires américaines en Irak et en Afghanistan. Plus récemment, en octobre 2025, il avait présidé le procès au terme duquel la banque française BNP Paribas avait été reconnue coupable de complicité d’exactions au Soudan.
Sa disparition ouvre une période d’incertitude sur l’organisation du procès Maduro, dont la date n’avait pas encore été fixée. La désignation d’un nouveau juge pour reprendre ce dossier sensible devrait intervenir dans les prochaines semaines.









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