Andy Burnham a déclaré samedi être prêt à entendre les appels à des excuses formelles de l’État britannique pour son rôle dans la traite transatlantique des esclaves, à quelques jours d’un sommet du Commonwealth à Antigua-et-Barbuda. Il exclut toutefois toute réparation financière.
C’est une ouverture inédite, formulée avec prudence. Le Premier ministre britannique Andy Burnham a indiqué samedi 31 octobre qu’il était disposé à envisager des excuses officielles du Royaume-Uni pour son rôle dans la traite transatlantique des esclaves. Cette déclaration intervient à la veille d’un sommet des chefs de gouvernement des pays du Commonwealth (CHOGM), qui se tient du 1er au 4 novembre à Antigua-et-Barbuda, dans les Caraïbes.
« Je tiens à exprimer ma tristesse et mes regrets pour la douleur et les souffrances endurées par tant de millions de personnes, et à reconnaître à quel point cela continue de façonner notre monde aujourd’hui », a écrit Andy Burnham. Il a qualifié la traite transatlantique de « violation brutale et barbare » des droits humains, et annoncé la volonté de son gouvernement d’engager « un dialogue structuré avec les personnes touchées ».
« Être à l’écoute des appels en faveur d’excuses officielles au nom de l’État britannique constituera un élément important de ce processus, et je suis ouvert à ces demandes », a-t-il précisé. Une formulation qui reste conditionnelle et ne constitue pas, en l’état, un engagement ferme.
Le roi Charles III participe lui aussi à ce sommet, au terme d’une tournée dans les Caraïbes marquée par la question coloniale. Aux Bahamas, dès le premier jour de sa visite, il avait reconnu « les grandes souffrances du passé » et décrit l’esclavage comme les « jours les plus sombres » de l’histoire britannique. Ni lui ni aucun gouvernement britannique n’avaient jusqu’ici franchi le pas d’excuses officielles.
Sur la question des réparations financières, Andy Burnham a été catégorique : il les exclut. « Je ne pense pas que ce soit la bonne solution », a-t-il écrit, estimant que « les Britanniques d’aujourd’hui » ne sauraient être tenus pour responsables de « torts historiques, aussi odieux soient-ils, qui se sont produits à une autre époque, en vertu de lois différentes ».
Cette position a suscité des critiques. Denis O’Brien, fondateur du mouvement The Repair Campaign, qui milite pour la justice réparatrice dans les Caraïbes, a jugé les déclarations du Premier ministre « décevantes ». « Le gouvernement britannique doit cesser de brouiller les pistes et présenter dès maintenant des excuses complètes et officielles. Ce serait une première étape importante et symbolique vers la justice réparatrice », a-t-il réagi.
La traite transatlantique des esclaves a concerné quelque 15 millions d’hommes, de femmes et d’enfants africains entre le XVIe siècle et la fin du XIXe siècle, selon les Nations unies. Le Royaume-Uni a joué un rôle central dans ce commerce, avant de promulguer en 1833 une loi prévoyant l’abolition progressive de l’esclavage dans ses colonies.









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