La République démocratique du Congo fait face à l’épidémie d’Ebola la plus meurtrière de son histoire, avec plus de 5 000 décès et 10 300 cas confirmés depuis mai 2026. La propagation du virus à plusieurs pays d’Afrique de l’Est et les violences contre les soignants compliquent sérieusement la réponse sanitaire.
Le bilan est sans précédent pour la RDC. Depuis le début de l’épidémie en mai 2026, plus de 5 000 personnes ont perdu la vie et plus de 10 300 cas ont été officiellement recensés, selon les données du ministère congolais de la Santé. Le taux de létalité atteint 48,6 %, soit près d’un malade sur deux. Dès le mois d’août, les autorités sanitaires avaient qualifié cette vague de la plus mortelle jamais enregistrée dans le pays, surpassant l’épidémie de 2018-2020 qui avait causé 2 299 décès.
Il s’agit du 17e épisode épidémique d’Ebola en RDC, et du deuxième plus grave de l’histoire mondiale, derrière la catastrophe ouest-africaine de 2014-2016 qui avait tué plus de 11 325 personnes dans plusieurs pays, dont des cas importés en Italie, au Royaume-Uni et aux États-Unis. L’Organisation des Nations unies souligne que la flambée actuelle « fait des victimes à un rythme bien plus rapide ».
Huit des 26 provinces du pays sont désormais touchées. L’épicentre se situe dans la province de l’Ituri, au nord-est, une région en proie à des conflits armés qui entravent considérablement les opérations de riposte. L’accès aux zones affectées reste difficile, et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) appelle à une « intensification des mesures de contrôle, à un meilleur accès aux zones touchées et à un renforcement de la mobilisation communautaire ».
La souche en cause est l’espèce Bundibugyo, pour laquelle il n’existe à ce jour ni traitement homologué ni vaccin disponible. Des essais cliniques sont en cours, mais aucune solution thérapeutique validée n’est encore accessible à grande échelle. Le virus se transmet par contact avec les fluides corporels d’une personne infectée, comme le sang ou les vomissures. Les symptômes apparaissent brutalement et peuvent évoluer vers des défaillances organiques, parfois accompagnées de saignements internes et externes.
L’épidémie a franchi les frontières congolaises. L’Ouganda a enregistré deux décès et une vingtaine de cas peu après le début de l’épidémie, mais aucun nouveau cas n’y a été signalé depuis août ; des restrictions de voyage restent néanmoins en vigueur pour les personnes en provenance de RDC. Au Kenya, neuf cas confirmés et deux décès ont été recensés. Au Nigeria, deux cas suspects ont été identifiés samedi et placés à l’isolement dans l’attente des résultats des analyses, après qu’une première patiente avait été confirmée positive en octobre avant d’être transférée en Suisse pour y être traitée. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) estime que le risque d’infection pour les populations européennes reste « très faible ».
La réponse sanitaire est également entravée par des violences répétées contre les équipes médicales. Cette semaine, une infirmière a été tuée et un autre agent de santé grièvement blessé lors d’une attaque survenue alors qu’ils répondaient à une alerte Ebola. Des jeunes de la localité les accusaient de contaminer les points d’eau et de propager délibérément le virus. Le mois dernier, un élu local a été battu à mort après avoir promu des mesures de prévention. La Croix-Rouge avait déjà signalé onze incidents violents dans les cent premiers jours de l’épidémie, dont des blessures parmi ses volontaires et un ambulance incendiée.









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