Un petit avion s’est écrasé vendredi 25 septembre à Kenge, chef-lieu de la province du Kwango, à plus de 200 kilomètres à l’est de Kinshasa. L’appareil revenait de Kikwit et transportait une délégation de la justice militaire congolaise. Parmi les victimes figurent deux hauts responsables : le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalayi Tiende, premier président de la Haute Cour militaire, et le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, auditeur général des Forces armées de la République démocratique du Congo. Les premières informations faisaient état d’au moins 14 morts, mais les autorités provinciales évoquaient vendredi soir un bilan pouvant atteindre 17 victimes.
Selon les autorités locales, l’appareil, un Let L-410 exploité par la compagnie Tracep, aurait rencontré un problème alors qu’il survolait Kenge. Le pilote aurait effectué plusieurs tours au-dessus de la ville en cherchant un endroit où se poser avant que l’avion ne s’écrase dans une parcelle. Aucun habitant n’aurait été tué au sol. Plusieurs corps ont été retrouvés calcinés et les autorités ont immédiatement sécurisé le site afin de préserver les éléments utiles à l’enquête. La boîte noire n’avait pas encore été récupérée vendredi soir.
Un accident qui frappe directement la justice militaire congolaise
La disparition de Joseph Mutombo Katalayi et de Lucien-René Likulia constitue un choc important pour l’appareil judiciaire militaire congolais. Le premier présidait la Haute Cour militaire, la plus haute juridiction compétente pour les affaires impliquant certains officiers et responsables militaires, tandis que le second dirigeait l’Auditorat général des FARDC et intervenait comme ministère public devant cette juridiction. Leur disparition intervient alors que plusieurs dossiers sensibles sont actuellement examinés par la justice militaire, dans un contexte sécuritaire toujours marqué par les combats dans l’est du pays et par de nombreux contentieux impliquant des responsables militaires.
Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes exactes du crash, le nombre définitif de personnes présentes à bord et les conditions dans lesquelles l’appareil a tenté de se poser à Kenge. L’accident rappelle également les fragilités persistantes du transport aérien en RDC, où l’avion reste indispensable pour relier des provinces mal desservies par la route. Plusieurs opérateurs congolais restent interdits d’exploitation dans l’Union européenne en raison de préoccupations liées à la supervision de la sécurité aérienne. Dans l’immédiat, les autorités congolaises doivent surtout clarifier les circonstances de l’accident et procéder à l’identification formelle de toutes les victimes.

Communauté
Commentaires
Écrire un commentaire
Soyez le premier à commenter cet article.