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Kenya : une dangereuse tendance TikTok pousse des femmes à utiliser un médicament contre les allergies pour resserrer leur vagin

Kenya : une dangereuse tendance TikTok pousse des femmes à utiliser un médicament contre les allergies pour resserrer leur vagin
Kenya : une dangereuse tendance TikTok pousse des femmes à utiliser un médicament contre les allergies pour resserrer leur vagin

Au Kenya, les autorités sanitaires alertent sur une pratique dangereuse devenue virale sur les réseaux sociaux. Des vidéos publiées notamment sur TikTok encouragent des femmes à introduire des comprimés de cétirizine, un médicament contre les allergies, dans leur vagin pour provoquer une sensation de resserrement. Les pharmaciens dénoncent une utilisation détournée qui expose à des irritations, des blessures et d’autres complications.

Une nouvelle tendance diffusée sur les réseaux sociaux provoque l’inquiétude des professionnels de santé kényans. Depuis plusieurs jours, des publications affirment qu’un médicament couramment utilisé contre les allergies pourrait permettre de resserrer le vagin et d’améliorer les sensations pendant les rapports sexuels. Le produit concerné, la cétirizine, est un antihistaminique disponible dans de nombreuses pharmacies. Son utilisation habituelle consiste à soulager les éternuements, les écoulements nasaux, les démangeaisons et certaines réactions allergiques.

Mais sur TikTok, plusieurs internautes encouragent désormais son utilisation par voie vaginale, une pratique qui ne correspond à aucune indication médicale reconnue. Face à la multiplication de ces conseils, la Pharmaceutical Society of Kenya (PSK), organisation professionnelle représentant les pharmaciens du pays, a publié jeudi 5 novembre un avertissement. Elle rappelle que les comprimés de cétirizine sont exclusivement destinés à être avalés et que leurs composants n’ont pas été évalués pour une application sur les muqueuses vaginales.

Une confusion dangereuse entre sécheresse et resserrement

À l’origine de cette tendance figure une confusion concernant les effets secondaires des antihistaminiques. Certains médicaments de cette famille peuvent provoquer une sécheresse des muqueuses. Des internautes en ont déduit qu’une diminution de l’humidité vaginale pourrait entraîner une sensation de resserrement pendant les rapports sexuels. Une interprétation que les professionnels de santé contestent fermement.

Les pharmaciens kényans soulignent que la sécheresse vaginale ne correspond pas à un renforcement des muscles du plancher pelvien. Au contraire, elle peut augmenter les frottements, provoquer des douleurs et favoriser des lésions des tissus. L’introduction de comprimés conçus pour être ingérés présente également des risques liés à leurs excipients, dont les effets sur les muqueuses vaginales n’ont pas été étudiés dans ce contexte. La cétirizine ne constitue donc ni un traitement destiné à modifier l’anatomie vaginale ni une méthode validée pour améliorer la sexualité.

Une tendance qui inquiète les autorités sanitaires

Le ministère kényan de la Santé avait déjà exprimé ses préoccupations mercredi 4 novembre, avant l’intervention de l’organisation professionnelle des pharmaciens. Ouma Oluga, haut responsable sanitaire, a regretté que certains utilisateurs des réseaux sociaux semblent tourner en dérision les avertissements médicaux. Il a insisté sur les conséquences potentielles de la diffusion de recommandations non vérifiées concernant l’utilisation des médicaments.

Les autorités réfléchissent également aux moyens de mieux détecter les détournements de médicaments. Ouma Oluga a notamment évoqué la possibilité de mettre en place un dispositif de suivi de leur distribution et de leur achat. Aucune décision officielle n’a cependant été annoncée. Cette réflexion intervient dans un contexte où les réseaux sociaux peuvent rapidement transformer une affirmation médicale infondée en phénomène de consommation.

Une hausse de la demande signalée dans certaines pharmacies

La viralité de cette pratique aurait déjà des conséquences sur le marché local. Selon plusieurs médias kényans, la demande de cétirizine aurait augmenté dans certaines pharmacies, notamment à Nairobi. Des hausses de prix et des difficultés d’approvisionnement ont également été signalées. La Pharmaceutical Society of Kenya affirme avoir connaissance de ces remontées, tout en appelant les professionnels à ne pas profiter de la situation.

Cette évolution inquiète particulièrement les pharmaciens, car la cétirizine reste un médicament utile pour les personnes souffrant d’allergies. Une consommation motivée par une tendance sans fondement médical pourrait compliquer son accès pour les patients qui en ont réellement besoin. L’organisation demande donc à ses membres de ne pas délivrer sciemment des médicaments destinés à être détournés de leur usage et de signaler les effets indésirables portés à leur connaissance.

Que faire après avoir utilisé ces comprimés ?

Les professionnels de santé recommandent aux personnes ayant déjà introduit des comprimés de cétirizine dans leur vagin d’arrêter immédiatement cette pratique. En présence de douleurs, de brûlures, de saignements, de démangeaisons, de pertes inhabituelles ou de fièvre, une consultation médicale est nécessaire. Ces symptômes peuvent notamment révéler une irritation ou une complication nécessitant une prise en charge adaptée.

Les spécialistes rappellent également que les variations de sensations vaginales sont normales et peuvent dépendre de nombreux facteurs physiologiques. Lorsqu’une personne rencontre des difficultés liées à son plancher pelvien ou à sa santé sexuelle, une évaluation par un professionnel de santé permet d’identifier les solutions adaptées. L’utilisation de médicaments sans indication médicale, particulièrement sur des muqueuses sensibles, ne constitue pas une alternative sûre.

TikTok et les dangers de la désinformation médicale

Au-delà du cas kényan, cette affaire illustre les difficultés rencontrées par les autorités sanitaires face à la diffusion rapide de conseils médicaux trompeurs. Les vidéos courtes peuvent donner une visibilité considérable à des pratiques présentées comme simples, économiques ou efficaces, sans que leurs risques soient clairement expliqués. Dans le domaine de la santé sexuelle, ces contenus peuvent également exploiter les complexes physiques et les idées reçues concernant le corps féminin.

La Pharmaceutical Society of Kenya appelle ainsi les influenceurs et les créateurs de contenus à faire preuve de responsabilité lorsqu’ils abordent des questions médicales. Elle invite également le public à consulter un pharmacien ou un médecin avant d’utiliser un médicament pour une indication différente de celle prévue. Son message est clair : la popularité d’une tendance sur les réseaux sociaux ne constitue jamais une preuve de son efficacité ni de son innocuité.

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