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Pollution à New Delhi : un air jusqu’à 20 fois trop pollué, de nouvelles restrictions entrent en vigueur

Pollution à New Delhi : un air jusqu'à 20 fois trop pollué, de nouvelles restrictions entrent en vigueur
Pollution à New Delhi : un air jusqu'à 20 fois trop pollué, de nouvelles restrictions entrent en vigueur

Face à une pollution atmosphérique qui atteint régulièrement des niveaux dangereux pour la santé, les autorités de New Delhi ont décidé de renforcer les restrictions dans la capitale indienne. Depuis ce dimanche 1er novembre 2026, plusieurs mesures sont entrées en vigueur pour tenter de limiter les émissions polluantes à l’approche de l’hiver. Doublement des tarifs de stationnement, recours accru au télétravail, restrictions de circulation et suspension de certains chantiers : le gouvernement local entend réduire les principales sources de pollution dans une métropole régulièrement enveloppée d’un épais brouillard toxique. Pendant les épisodes les plus sévères, les concentrations de particules fines peuvent dépasser de vingt fois le seuil journalier recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Une situation qui constitue un enjeu sanitaire majeur pour les millions d’habitants de l’agglomération.

Les nouvelles dispositions s’inscrivent dans le plan hivernal de lutte contre la pollution présenté par la cheffe du gouvernement de Delhi, Rekha Gupta. Les tarifs de stationnement sont désormais doublés afin de décourager l’utilisation des voitures particulières. Les administrations et les entreprises doivent également réduire la présence physique de leurs salariés, avec un objectif de 50 % de télétravail pour les personnels concernés. Les véhicules immatriculés à l’extérieur de Delhi qui ne respectent pas les normes d’émissions BS-VI sont interdits d’entrée dans la capitale, tandis que les automobilistes ne disposant pas d’un certificat antipollution valide peuvent se voir refuser l’accès aux stations-service. Les activités de démolition et les travaux extérieurs générant d’importantes quantités de poussière sont également suspendus, sous réserve de certaines exceptions pour les infrastructures essentielles. Ces restrictions doivent être accompagnées d’une surveillance renforcée et de contrôles destinés à sanctionner les infractions.

Une pollution hivernale qui menace directement la santé des habitants

Chaque année, entre novembre et janvier, New Delhi connaît une dégradation particulièrement importante de la qualité de son air. La baisse des températures et les conditions météorologiques favorisent l’accumulation des polluants près du sol, transformant parfois la capitale en une immense zone de brouillard grisâtre. Les émissions des véhicules, les centrales électriques au charbon, les activités industrielles, les poussières des chantiers et les brûlages de résidus agricoles dans les États voisins contribuent à cette pollution. Selon les données du ministère indien de l’Environnement, les transports représentent environ 23 % de la pollution hivernale, contre 20 % pour les combustions de biomasse, notamment agricoles, et près de 9 % pour les activités industrielles, dont les centrales au charbon. Les particules fines PM2,5, particulièrement dangereuses en raison de leur capacité à pénétrer profondément dans les poumons et à atteindre la circulation sanguine, constituent l’une des principales préoccupations sanitaires. Leur concentration dépasse fréquemment 300 microgrammes par mètre cube pendant les épisodes hivernaux les plus intenses, soit vingt fois la valeur guide quotidienne de 15 microgrammes fixée par l’OMS.

Les mesures enregistrées illustrent l’ampleur du problème. En 2025, les concentrations de PM2,5 avaient atteint un pic de 846 microgrammes par mètre cube, soit plus de 56 fois la recommandation journalière de l’OMS. Ce dimanche 1er novembre, les appareils de surveillance ont relevé environ 201 microgrammes par mètre cube, un niveau encore supérieur à treize fois cette référence, malgré des pluies récentes ayant temporairement amélioré la situation. Les conséquences sanitaires dépassent largement la capitale : une étude publiée en 2024 dans la revue scientifique The Lancet Planetary Health estimait que 3,8 millions de décès en Inde entre 2009 et 2019 étaient liés à la pollution atmosphérique. Les autorités de Delhi avaient déjà interdit le brûlage des déchets à ciel ouvert et limité l’utilisation du charbon et du bois dans certains commerces alimentaires. Mais les initiatives précédentes n’ont pas suffi à empêcher le retour du smog chaque hiver. La réussite de ce nouveau plan dépendra donc autant de l’application effective des restrictions que de la capacité des pouvoirs publics à réduire durablement les émissions industrielles, routières et agricoles à l’échelle de toute la région.

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