Privé de sa majorité à la Knesset lors des législatives du 28 octobre 2026, Benyamin Netanyahu fait face à une opposition déterminée à exploiter sans délai son avantage parlementaire. L’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot entend s’appuyer sur les 67 sièges anti-Netanyahu, dont ceux des partis arabes, pour imposer une commission d’enquête sur le 7-Octobre et la conscription des ultra-orthodoxes.
Le résultat des urnes est à peine digéré que l’opposition israélienne passe déjà à l’action. Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar et ancien chef d’état-major de l’armée, ne compte pas attendre la formation d’un gouvernement pour peser sur la vie politique du pays. Fort des 67 sièges remportés par le bloc anti-Netanyahu à la Knesset, il entend utiliser le levier parlementaire pour frapper sur plusieurs fronts simultanément.
Au programme : la création d’une commission d’enquête d’État sur le fiasco sécuritaire du 7-Octobre, l’instauration d’un service militaire obligatoire pour les ultra-orthodoxes, et le remplacement du président de la Knesset, Amir Ohana, jugé trop favorable aux manœuvres du Likoud. Trois dossiers qui cristallisent depuis des mois les tensions au sein de la société israélienne.
Pour constituer cette majorité de blocage, l’opposition sioniste doit cependant compter sur le soutien des 19 élus des formations arabes, ce qui constitue une configuration politique sans précédent. Le politologue Menachem Klein, de l’université Bar-Ilan, y voit l’émergence d’une interdépendance nouvelle entre les deux communautés. « Ce que nous avons vu lors des élections, c’est une mobilisation des Palestiniens d’Israël pour se sauver eux-mêmes, explique-t-il. Et maintenant, après les élections, nous voyons le début d’une prise de conscience chez des Juifs qui comprennent que seuls les Palestiniens d’Israël les sauveront, eux et les Palestiniens d’Israël — sauveront la démocratie. Il y a ici une interdépendance pour sauver les deux communautés. »
Cette dynamique trouve un écho dans la rue. Samedi soir, quelques centaines de manifestants se sont réunis à Tel-Aviv pour exiger que l’opposition scelle formellement cette alliance avec les partis arabes. « Les Arabes et les Juifs ne gagneront qu’ensemble » ou encore « sauvons la démocratie israélienne » : tels étaient les slogans portés par les manifestants.
Face au risque de paralysie institutionnelle que ferait peser une coalition gouvernementale introuvable, certains responsables de l’opposition évoquent même la possibilité de rétablir l’élection directe du Premier ministre, un mécanisme déjà expérimenté par le passé en Israël, sans succès durable.









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