Des missiles balistiques tirés par les Houthis ont frappé lundi un centre de formation des forces de sécurité dans la province de Shabwa, au centre du Yémen, tuant au moins 53 recrues et blessant plus de 200 personnes.
L’attaque s’est abattue sur le centre d’entraînement Martyr Ahmed al-Sulaimani, situé près de la ville d’Ataq. Trois missiles balistiques ont visé ce camp qui accueillait des recrues venues de plusieurs provinces yéménites, en cours de formation pour intégrer les forces de sécurité intérieure et la police. Le bilan provisoire établi par le bureau médiatique de la province de Shabwa fait état de 53 morts et de plus de 200 blessés.
Les hôpitaux locaux ont rapidement été débordés par l’afflux de victimes. Le gouverneur adjoint de Shabwa a indiqué que les blessés les plus graves avaient dû être transférés vers les provinces voisines de Hadramaout et d’Aden, où siège le gouvernement, certains d’entre eux se trouvant dans un état critique.
Le président du Conseil de direction présidentiel yéménite, Rachad al-Alimi, a qualifié l’attaque d’« agression criminelle » et promis une « réponse ferme ». Le ministre de l’Information, Mouammar al-Eryani, est allé plus loin, estimant que la frappe constituait un crime de guerre au motif que le centre visé n’était pas une installation militaire. Il a également accusé les Houthis de chercher à « fabriquer une victoire médiatique fictive » pour masquer leurs revers sur le terrain.
Le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Sarea, a revendiqué l’opération en affirmant avoir ciblé des « concentrations de l’ennemi saoudien » au camp d’al-Alam, qu’il a décrit comme placé sous commandement d’officiers saoudiens. Ryad n’a pas réagi dans l’immédiat.
Cette frappe est l’une des plus meurtrières depuis la reprise des hostilités au Yémen. Début octobre, les forces progouvernementales ont lancé une offensive d’envergure dans l’ouest du pays pour reprendre des territoires tenus par les Houthis, notamment sur la côte de la mer Rouge, en vue de sécuriser le détroit stratégique de Bab el-Mandeb. Des combats intenses se poursuivent également autour de la ville de Taïz, ainsi que dans les provinces de Marib et d’al-Jawf, au nord.
En réponse aux frappes aériennes de la coalition menée par l’Arabie saoudite, les Houthis multiplient les tirs de missiles et de drones contre des aéroports, des infrastructures énergétiques et des bases militaires saoudiennes. Depuis début octobre, au moins 19 personnes ont été tuées en Arabie saoudite lors de ces attaques. Les Houthis font par ailleurs état de 141 morts dans leurs rangs dus aux frappes saoudiennes au cours des sept dernières semaines.
Le conflit yéménite a débuté en 2014 lorsque les Houthis, soutenus par l’Iran, ont chassé le gouvernement de Sanaa. L’intervention de la coalition arabe conduite par Ryad, en 2015, a transformé ce qui était une guerre civile en un affrontement régional aux conséquences humanitaires dévastatrices. Une trêve informelle de quatre ans avait semblé stabiliser la situation avant de voler en éclats à l’été 2024, ouvrant la voie à une nouvelle escalade.

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