Un tribunal israélien a ordonné la remise en liberté sous contrôle judiciaire de neuf des dix colons interpellés à la suite d’attaques visant une photojournaliste américaine et des diplomates européens en Cisjordanie occupée. Ces libérations interviennent alors que les violences contre les agriculteurs palestiniens s’intensifient durant la saison de la récolte des olives.
Neuf des dix colons israéliens arrêtés après des agressions commises en Cisjordanie occupée ont été remis en liberté mercredi soir, placés en résidence surveillée par décision d’un tribunal de Jérusalem. La dixième personne reste en détention, selon la police israélienne, qui indique que l’enquête se poursuit.
Les faits à l’origine de ces arrestations remontent à quelques jours. Des colons masqués ont d’abord agressé Heidi Levine, photojournaliste du Washington Post qui couvrait une récolte d’olives palestinienne. La journaliste a été hospitalisée et a subi une opération chirurgicale à un doigt. Dans une seconde attaque, survenue en début de semaine dans une autre zone de Cisjordanie, des colons masqués ont violemment pris à partie des diplomates français, belges et polonais ainsi qu’un maire français présents sur place.
Ces interpellations avaient été effectuées sous la pression diplomatique des États-Unis, de la France, de la Belgique et de la Pologne, qui avaient exigé des mesures fermes contre les violences des colons. Leur portée reste toutefois limitée aux yeux des défenseurs des droits palestiniens. « Dans la grande majorité des attaques contre des Palestiniens, aucune arrestation n’est effectuée », a déclaré Yonatan Kanonich, directeur de la recherche au sein de l’organisation israélienne de défense des droits Yesh Din. « Dans les affaires qui bénéficient d’une couverture médiatique, la police arrête quelques colons et les relâche pour la plupart peu après. »
Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a jugé jeudi que la situation dans le territoire palestinien occupé était « hors de contrôle », soulignant que les Palestiniens continuaient de subir « des attaques quotidiennes de la part de colons israéliens » et que journalistes et diplomates étaient désormais également visés. Il a appelé à « une voie politique crédible vers une paix durable ».
La Commission palestinienne de résistance à la colonisation et au mur a, de son côté, recensé 409 incidents en octobre, dont 317 imputés à des colons et 92 à des forces israéliennes. Dix-sept épisodes qualifiés de pogroms ont été documentés durant la seule période de la récolte des olives. Le gouvernorat de Naplouse enregistre le plus grand nombre d’incidents avec 166 cas, devant Salfit et ses 91 signalements.
Les faits répertoriés comprennent des agressions physiques contre des agriculteurs, des entraves à l’accès aux terres, des vols de récoltes et de matériel agricole, des incendies et destructions d’oliviers, des arrestations, des menaces à main armée et des tirs à balles réelles. Ali Hassan Bazzari, originaire du village de Burqa, est mort le 7 octobre des suites de blessures par balle reçues alors qu’il cueillait des olives.
Jeudi encore, des colons ont mis le feu à des oliviers près d’Imatin, à l’est de Qalqilya, tandis que des forces israéliennes contraignaient des agriculteurs à quitter les lieux et retenaient un exploitant et plusieurs de ses employés. Près de Yabad, à l’ouest de Jénine, dix-sept sacs d’olives récoltées ainsi que du matériel ont été dérobés. Autour de Jénine, la fermeture de routes et de la plupart des accès aux villages a empêché des agriculteurs d’atteindre leurs terres à Barta’a.

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