La capitale yéménite, sous contrôle houthi, a été touchée samedi par une série de frappes aériennes saoudiennes. Au moins vingt-six bombardements ont été recensés par les rebelles pro-iraniens, tandis que la crise humanitaire s’aggrave dangereusement.
Des explosions ont secoué Sanaa ce samedi 3 octobre, dans plusieurs quartiers de la capitale yéménite tenue par les Houthis. Des témoins ont vu deux avions de chasse lancer des missiles sur la ville, et au moins cinq détonations ont été entendues dans différents secteurs. La chaîne Almasirah, proche des rebelles, a fait état de vingt-six frappes attribuées à l’aviation saoudienne, sans préciser le bilan humain.
Ce n’est pas la première fois en quelques jours que Sanaa est visée : les Houthis avaient déjà mis en cause Riyad pour des bombardements dans la nuit de jeudi à vendredi. Le réseau de télécommunications dans la région de Saada, bastion historique des rebelles dans le nord du pays, aurait également été pris pour cible samedi.
Dans le sillage de ces raids, des flammes et de la fumée ont été observées au-dessus d’une installation appartenant au géant pétrolier Aramco, au sud de Riyad. Ni les autorités saoudiennes ni les Houthis n’ont pour l’heure communiqué sur cet incendie, dont les circonstances restent indéterminées.
Le regain de violence s’inscrit dans une dynamique régionale profondément déstabilisée. Après une offensive éclair menée en septembre, les Houthis ont étendu leur emprise sur le littoral de la mer Rouge et consolidé leur contrôle du détroit de Bab el-Mandeb, point de passage stratégique dont l’importance s’est encore accrue depuis que l’Iran a imposé de fortes restrictions à la navigation dans le détroit d’Ormuz, fin février dernier.
Le Yémen avait connu plusieurs années d’accalmie relative avant de replonger dans la guerre en juillet, ouvrant un nouveau front dans un Moyen-Orient déjà embrasé. La dernière offensive terrestre des Houthis a fait des centaines de morts et aggrave une situation humanitaire déjà critique. Le Programme alimentaire mondial de l’ONU a averti vendredi que la crise de la faim dans le pays risquait de devenir « absolument dévastatrice ».
Sur le plan diplomatique, les principaux membres du cabinet du président américain Donald Trump se sont réunis vendredi à Camp David pour examiner les options disponibles face à la guerre en Iran et au conflit yéménite. Les appels répétés de Riyad à un soutien international, en particulier de Washington, sont restés sans réponse concrète jusqu’à présent.

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