Le commandement militaire iranien affirme détenir des informations sur une préparation américaine à reprendre les attaques contre l’Iran. Alors que les deux pays s’affrontent depuis février dernier, la semaine de l’Assemblée générale des Nations unies s’ouvre sur fond de double langage diplomatique et militaire.
Le quartier général central Khatam al-Anbiya, qui coiffe l’ensemble des forces armées iraniennes, a publié dimanche un avertissement solennel : Washington se préparerait à reprendre ses frappes contre l’Iran. Toute nouvelle attaque américaine, prévient Téhéran, entraînerait des représailles contre les bases et les intérêts des États-Unis au Moyen-Orient. L’Iran met également en garde les pays de la région contre toute forme de coopération avec Washington : ceux qui autoriseraient l’utilisation de leur territoire ou de leurs installations à des fins offensives seraient « considérés comme complices » et s’exposeraient à une réponse iranienne.
Ce regain de tension intervient après plusieurs mois de relative accalmie. Un mémorandum de soixante jours, conclu en juin, avait réduit l’intensité des combats, mais il a expiré le mois dernier. Depuis lors, les incidents autour du détroit d’Ormuz se sont multipliés. Les données de navigation illustrent concrètement les effets du conflit : douze navires marchands ont franchi le détroit durant le week-end écoulé, contre trente-cinq le week-end précédent. Le détroit, voie de passage incontournable entre le Golfe et la mer d’Arabie, conditionne une part significative des approvisionnements énergétiques mondiaux. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a précisé devant les députés que le détroit resterait fermé tant que Washington n’aurait pas honoré ses engagements au titre de l’accord antérieur.
Le conflit a débuté fin février, à la suite de frappes conjointes américano-israéliennes sur le territoire iranien. Depuis, Téhéran a transmis à ses médiateurs qatari et pakistanais une liste de conditions préalables à toute reprise des négociations : cessation des hostilités et des attaques américaines, déblocage des avoirs iraniens gelés et levée du blocus naval imposé aux ports iraniens.
De son côté, le président américain Donald Trump a déclaré dimanche sur Fox News qu’il se trouvait en phase de « décision » concernant l’Iran, évoquant trois options : de nouvelles actions militaires, un renforcement des pressions économiques ou la conclusion d’un accord. Il a ajouté qu’il serait disposé à rencontrer le président iranien Masoud Pezeshkian en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York cette semaine.
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a quitté Téhéran dimanche soir pour New York, avec une escale au Qatar, pays qui joue un rôle central de médiation entre les deux belligérants. Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, a indiqué que Doha avait reçu des assurances de responsables américains quant à la volonté de Washington de parvenir à un accord. Des émissaires qataris circulent entre les capitales pour tenter de relancer les pourparlers.
Les observateurs notent que Téhéran joue délibérément sur deux registres simultanés, maintenant ouverte la porte d’une solution diplomatique tout en affichant sa détermination militaire. Un stratège républicain et ancien responsable de la sécurité nationale à la Maison-Blanche, Mark Pfeifle, résume la situation en évoquant un « conflit gelé » dans lequel les deux parties cherchent à accroître leur pression respective avant d’éventuelles discussions en marge du rassemblement onusien.

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