Le président argentin Javier Milei a qualifié son homologue brésilien Luiz Inácio Lula da Silva de « voleur » et de « condamné » lors d’un meeting à São Paulo dimanche. Brasilia a rappelé son ambassadeur en réponse.
C’est depuis le sol brésilien que Javier Milei a lancé ses attaques. Le président argentin participait dimanche à São Paulo au lancement de la campagne présidentielle de Flávio Bolsonaro, candidat de droite qui briguera la présidence en octobre prochain. Sans prononcer le nom de Lula, il a désigné le chef de l’État brésilien comme un « voleur » et un « condamné », avant d’affirmer que Flávio Bolsonaro était le seul à pouvoir « arrêter Lula ».
Milei a également visé Alexandre de Moraes, juge à la Cour suprême brésilienne qui avait supervisé la condamnation de l’ancien président Jair Bolsonaro, le traitant d’« ordure chauve ». Ce même magistrat lui avait auparavant refusé l’autorisation de rendre visite à Jair Bolsonaro, alors assigné à résidence à Brasilia.
La réaction brésilienne ne s’est pas fait attendre. Des diplomates ont dénoncé des insultes visant le gouvernement, le peuple et la démocratie du Brésil. L’ambassadeur brésilien en Argentine, Julio Bitelli, a été rappelé à Brasilia dans la nuit de dimanche à lundi. Lula, de son côté, a déclaré qu’il continuerait à gouverner « sans l’interférence de personne » et que « le Brésil n’accepte pas que quiconque vienne mettre son nez là où il n’a pas sa place ».
Flávio Bolsonaro est le fils de Jair Bolsonaro, condamné l’an dernier à plus de 27 ans de prison pour avoir fomenté un coup d’État destiné à le maintenir au pouvoir après sa défaite face à Lula à l’élection présidentielle de 2022. Lula avait alors remporté le scrutin avec 50,9 % des voix.
Quant au président brésilien, il avait lui-même été condamné en 2018 à douze ans d’emprisonnement dans une vaste affaire de corruption et de corruption passive, avant d’être libéré après un peu plus de dix-huit mois de détention. La Cour suprême avait annulé ses condamnations en 2021, lui ouvrant la voie à un retour au pouvoir.
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