Le procureur britannique Karim Khan a dénoncé vendredi sa suspension de ses fonctions à la Cour pénale internationale (CPI), estimant que cette décision violait les procédures en vigueur et était dépourvue de fondement juridique. Il s’agit de ses premiers commentaires publics depuis son éviction.
Lors d’un entretien accordé à la chaîne saoudienne Al Arabiya, Karim Khan a déclaré que l’organe de supervision de la CPI avait agi en dehors des règles. « Le bureau de la Cour a violé les procédures, et ce qui s’est passé est étonnant, injustifié et illégal », a-t-il affirmé par l’intermédiaire d’un interprète.
Sa suspension fait suite à une décision prise par le bureau exécutif de l’organe de surveillance de la CPI. Selon des documents consultés par Reuters, cette instance a conclu que le procureur avait entretenu une relation sexuelle jugée inappropriée avec une collaboratrice occupant un poste subalterne.
Karim Khan rejette ces accusations. Il a rappelé que ses avocats avaient déjà indiqué qu’un examen mené par des juges externes avait conclu à l’insuffisance des preuves pour établir les faits allégués « au-delà de tout doute raisonnable ». Selon lui, ces conclusions ont été écartées par les responsables de l’organe de surveillance.
L’avenir du procureur sera examiné lors d’un vote prévu le 24 juillet à New York devant l’Assemblée des États parties à la CPI, qui regroupe 125 pays membres. Cette instance devra se prononcer sur les suites à donner à la décision de suspension.
Cette affaire intervient à un moment délicat pour la Cour pénale internationale, dont le fonctionnement et la gouvernance font l’objet d’une attention particulière. Le vote de juillet pourrait avoir des conséquences importantes sur l’avenir de Karim Khan et sur la direction de l’institution.
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