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Diesel russe vers les États-Unis : les pétroliers font demi-tour, Moscou dément

Diesel russe vers les États-Unis : les pétroliers font demi-tour, Moscou dément
Diesel russe vers les États-Unis : les pétroliers font demi-tour, Moscou dément

Plusieurs navires transportant du diesel russe à destination des États-Unis auraient modifié leur cap, l’un vers le Brésil, un autre vers la Méditerranée. Moscou conteste ces informations, tandis que des élus américains menacent d’appliquer des sanctions sévères à quiconque tenterait de décharger cette cargaison.

Partis du port balte de Primorsk le mois dernier avec pour destination déclarée la côte est des États-Unis, plusieurs pétroliers sous sanctions transportant du diesel russe auraient changé de route. Des données issues de la société d’analyse maritime Kpler et du site de suivi de trafic maritime MarineTraffic.com indiquent qu’un navire se dirigerait désormais vers le Brésil et un autre vers la Méditerranée. Un troisième bâtiment, toujours en Atlantique Nord, a quant à lui remplacé New York comme destination par la mention vague « sur ordres », sans préciser de port de déchargement.

Ces mouvements interviennent dans le sillage d’un accord controversé conclu entre Donald Trump et Vladimir Poutine. Le président américain avait assoupli le mois dernier les sanctions pesant sur le pétrole russe afin de sécuriser une livraison directe de diesel vers les États-Unis, où les prix du carburant ont fortement augmenté. L’accord, portant sur quelque 300 000 tonnes métriques de diesel, avait suscité une vive réprobation en Ukraine et en Europe, d’autant que les sanctions américaines contre la Russie demeurent globalement en vigueur et que le volume concerné ne représente qu’une fraction de la consommation quotidienne américaine.

Du côté russe, les démentis sont catégoriques. Kirill Dmitriev, envoyé et négociateur russe, a affirmé sur le réseau social X que les pétroliers « continuent leur route » vers les États-Unis, qualifiant les informations contraires de « fausses ». Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a pour sa part refusé de commenter les détails des livraisons, les qualifiant d’affaire « commerciale » ne pouvant être rendue publique, tout en assurant que « tout le diesel trouvera ses acheteurs ».

Aux États-Unis, l’accord se heurte à une résistance politique et juridique croissante. La gouverneure du New Jersey, Mikie Sherrill, a adressé cette semaine une lettre aux opérateurs portuaires et aux terminaux pétroliers de son État pour les avertir que « toute tentative de tirer profit du commerce illégal de carburant russe sera sanctionnée sévèrement ». Elle conteste la légitimité de l’autorisation accordée par le département du Trésor, estimant que l’administration Trump n’a pas le pouvoir de contourner l’interdiction d’importation votée par le Congrès il y a plus de quatre ans.

Le sénateur du Connecticut Richard Blumenthal a lui aussi mis en garde les compagnies maritimes dans une lettre datée du 27 octobre, leur rappelant qu’« aucun président ne peut unilatéralement abroger une loi » et que la licence accordée par l’exécutif ne les exonérerait pas de leur « responsabilité juridique et morale ».

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